La manifestation de samedi à Toulouse, acte II « contre la vie chère », n’a pas été marquée par les violences et les pillages contrairement au week-end des 17 et 18 octobre. Écarté du centre-ville, le cortège de plusieurs dizaines de milliers de personnes a déambulé sans incident sauf au moment de la dissolution avec la blessure grave d’un manifestant. Trois manifestants doivent être déférés devant le parquet et une garde à vue a été prolongée ce dimanche. Voici ce qu’il faut retenir.
Le centre-ville de Toulouse a pris des airs de no man’s land samedi. Des commerces protégés par de grandes plaques de bois, des vigiles un peu partout, une place du Capitole cernée par les gendarmes mobiles et, vers les extérieurs notamment du côté de Saint-Cyprien, des forces de l’ordre positionnées pour éviter tout passage vers le cœur de la Ville rose.
Certes, au moment de la fin de la manifestation, qui a quand même réuni entre 26 500 personnes, chiffre de la préfecture, et 80 000 participants, selon la CGT, des incidents violents ont éclaté entre des éléments radicaux et les forces de l’ordre. C’est dans ce cadre-là qu’un jeune homme a été grièvement blessé à la main.

Main délabrée, doigts très touchés
« Sa main est délabrée avec trois doigts touchés », confirme un médecin. Pas plus de détail. Même la police s’est vu opposer le « secret » au moment de prendre des nouvelles dimanche matin. D’ailleurs, la victime, qui serait originaire de l’Hérault où il travaillerait dans la restauration, n’a pas été beaucoup plus bavarde face aux policiers. « Nous en sommes encore aux suppositions », admet un responsable.
Les réseaux sociaux sont plus prolixes avec le lancement d’une cagnotte pour aider à réparer les doigts et la main de « Teddy ». Est-elle crédible ? Comment s’est-il blessé ? Selon un témoin, en ramassant une grenade qui a explosé. Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour vérifier ces circonstances. Si cette hypothèse est confirmée, il est probable que le parquet confie la suite des investigations à l’IGPN, la police des polices.
Au moins trois présentations au tribunal pour une comparution immédiate
Dans la journée de samedi, 27 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue, dont une quinzaine avant même le départ de la manifestation notamment pour port d’arme. Les auditions se sont poursuivies tout dimanche. « Une personne mise en cause a été présentée au parquet ce dimanche, deux autres le seront demain matin. Ces trois individus devraient être jugés en comparution immédiate », précise le procureur de permanence ce dimanche soir. Une autre mesure de garde à vue a été prolongée.
Les commerçants très inquiets : « On n’a pas du tout travaillé »
Le déroulement satisfaisant de la manifestation a entraîné la levée du couvre-feu par le préfet. Une bonne chose pour les noctambules mais les commerçants restent inquiets après une journée de samedi catastrophique pour les affaires. « C’est totalement mort. Ils n’ont pas du tout travaillé », constate Sandrine Rossignol, présidente de la fédération des commerçants.

Si elle salue l’efficacité des forces de l’ordre dans le centre-ville, la représentante des commerçants redoute surtout la répétition de ces journées sans clientèle. « Si ça continue comme ça, s’il y a encore un ou deux week-ends, c’est fini. Les commerces fermeront définitivement », prévient-elle. « Vous avez du personnel, des charges… Les semaines sont déjà assez compliquées et si vous n’avez pas de clients les week-ends où vous faites les plus grosses journées, c’est terminé. Le modèle économique ne fonctionne plus. »















