Un coléoptère originaire d’Asie, baptisé le charançon noir du figuier, a été identifié en juin 2026 chez un particulier en Haute-Garonne. Cet insecte est capable de provoquer la mort des figuiers et demande de la surveillance pour éviter une propagation plus importante dans le département. Va-t-on se retrouver avec le même scénario que pour les palmiers en partie décimés par le charançon rouge ? Voici ce qu’il faut savoir.
Ce petit insecte noir de 2 cm pourrait mettre en péril les figuiers de la région. En juin 2026, un charançon noir du figuier, Aclees taiwanensis de son nom scientifique, a été identifié chez un particulier, aussi botaniste, à Montaigu-sur-Save, en Haute-Garonne. Jusqu’alors, aucun foyer n’avait été touché dans le département. À la suite de cette découverte, Lionel Valladares, enseignant-chercheur à l’École d’ingénieurs de Purpan et spécialiste des coléoptères, appelle à la vigilance.
Le charançon noir du figuier est originaire d’Asie. Il a été introduit en Italie, où il a fait des ravages dans la filière, probablement par des plants en pot. Puis il a été détecté en France, en 2019, dans le Var, les Alpes-Maritimes et en Haute-Corse. En 2021, un cas avait également été identifié dans le Lot-et-Garonne. « Il est très probable que le foyer toulousain soit issu de la souche du Lot-et-Garonne », estime Lionel Valladares.
« La mort de l’arbre n’arrive pas tout de suite »
Le danger vient principalement des larves. Celles-ci creusent des galeries à la base du tronc et dans les racines superficielles du figuier. En sectionnant les vaisseaux qui transportent la sève, elles provoquent progressivement le dépérissement. « La mort de l’arbre n’arrive pas de suite. Il faut quand même quelques années pour un gros figuier par exemple », précise l’enseignant-chercheur.
Les premiers signes d’alerte ? Des écoulements brunâtres de sève sur le tronc notamment. Les insectes adultes, essentiellement noirs avec un duvet parfois rosé, sont actifs plutôt en fin de journée et la nuit. Ils peuvent laisser des traces sur les feuilles, bourgeons ou fruits jeunes. En revanche, aucun risque pour la consommation : « le charançon ne transmet pas de maladie aux figues ».
Surveiller et donner l’alerte
Il n’existe pas encore de solution miracle pour les particuliers. Lionel Valladares conseille de dégager la base du tronc et d’éliminer les adultes repérés qui se déplacent « de proche en proche ». Les professionnels disposent, eux, de méthodes pour limiter la reproduction, notamment par badigeonnage à la chaux. Une entreprise travaille également sur des traitements biologiques à base de champignons qui pourraient infecter les insectes.
« Il faut surtout en avoir conscience et surveiller », résume Lionel Valladares. Les particuliers qui observent des signes inhabituels sur leurs figuiers sont invités à les signaler à la Fredon Occitanie, chargée notamment de la surveillance sanitaire des végétaux.

















