Après les violences et les pillages en marge de la manifestation contre la vie chère samedi dernier, les armureries connaissent un afflux inhabituel de clients partout en France. C’est le cas à Toulouse où des nombreux commerçants et particuliers cherchent à s’équiper en matériel de sécurité.
Dans le quartier des Carmes, à Toulouse, la seule armurerie de la ville voit défiler de nombreux clients depuis quelques jours, alors qu’une nouvelle mobilisation contre la vie chère est attendue à Toulouse ce samedi 24 octobre à 14 heures.César et Louis, deux jeunes de 23 ans, sont venus acheter une bombe lacrymogène : « Le magasin rouvrait à 14 heures. Je suis arrivé à 14 h05 et on s’est retrouvés, en l’espace de 30 secondes, avec cinq personnes dedans. » Louis, son ami, confirme : « Je suis déjà venu il y quelques mois, la boutique était un peu vide. Et là, pour le coup, il y avait la queue. »
Lacrymogènes, pistolets à billes et impulsions électriques
Les deux amis repartent avec un petit modèle de bombe lacrymogène. César reconnaît qu’il n’aurait jamais pensé franchir ce pas il y a encore quelques semaines : « Aujourd’hui, avec tous ces événements imprévisibles, on ne sait plus trop à quoi s’attendre. Hier, des gens s’en sont pris à des bâtiments et à des institutions, ensuite c’était les commerces. Pourquoi demain ils ne s’en prendraient pas à des gens qui habitent dans les quartiers aisés ? On se prépare à tout. »
Un autre client sort de la boutique et explique avoir acheté un petit taser, un dispositif à impulsion électrique : » Je suis passé il y a trois jours, mais le patron était en rupture de stock : il en a recommandé. Je trouve qu’il y a un climat d’insécurité grandissant. J’ai 80 ans, je veux pouvoir me défendre en cas de problème. »
Des commerçants qui veulent se protéger
Les clients de l’armurerie ne viennent pas tous pour les mêmes raisons. Certains veulent se protéger en cas d’intrusion chez eux, d’autres veulent sécuriser leur commerce après les dégradations du 17 octobre : « Je me suis fait casser les vitrines la semaine dernière. Voilà, c’est de la dissuasion surtout » témoigne un commerçant qui préfère rester anonyme. Mehdi est lui aussi venu s’équiper pour protéger son entreprise : « J’ai acheté des balles en caoutchouc pour un pistolet que j’ai déjà. J’ai des biens à protéger, des affaires qui sont entreposées sur le trottoir, et je ne veux pas revivre ce que j’ai vécu samedi. C’est une précaution. »
Michel, un habitant du quartier observe les va-et-vient dans l’armurerie, un peu étonné : « Ce n’est pas comme ça qu’on arrivera à la paix générale. Moi, j’ai une arme sur moi, je vais vous la montrer : c’est un sifflet de flic et je conseille à tout le monde d’avoir un sifflet dans sa poche. Ça attire l’attention des gens sur un événement. C’est un moyen inoffensif pour me défendre, mais qui est efficace. »
En France, le port d’une bombe lacrymogène ou d’un pistolet à balles de caoutchouc dans la rue par les particuliers est interdit sans motif légitime. Ces dispositifs sont censés être destinés à la protection des domiciles.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














