Près de vingt camions hors gabarit se sont encastrés en trois ans sous le pont ferroviaire de l’avenue des Herbettes, à Toulouse, limité à 2,50 m. Les deux derniers accidents, les 1er et 13 octobre, relancent les questions sur la sécurité de ce passage. Inscription presque illisible, absence de portique dans le sens le plus accidentogène, vitesse et inattention des chauffeurs : les causes se cumulent. La mairie et SNCF Réseau annoncent de nouveaux aménagements.
Le 1er octobre, un camion de l’association Le Relais. Le 13, une nouvelle fourgonnette, de transport médical cette fois. Avenue des Herbettes, à Toulouse, le « pont maudit » continue de découper les carrosseries. Près de vingt véhicules trop hauts s’y sont encastrés en trois ans. Comment expliquer une telle série sous un ouvrage dont le passage est limité à 2,50 m ?
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Sur place, une anomalie saute aux yeux : l’inscription « hauteur limitée », sur le pont ferroviaire, est quasiment illisible, effacée et recouverte de tags. Surtout, dans le sens où se concentrent les accidents, aucun portique ne vient désormais avertir physiquement les conducteurs avant le choc.

Un portique installé début avril 2026, puis retiré après avoir été heurté
À Saint-Cyprien pour passer sous la place, à Labège vers le centre commercial, des portiques préviennent pourtant les véhicules hors gabarit à l’approche des passages bas. Rue Joseph-Roques, le long du canal du Midi, un autre pont ferroviaire connaît aussi des accidents similaires, moins fréquents qu’aux Herbettes.
La mairie n’est pas restée inactive. Un portique a été installé au printemps, puis heurté à plusieurs reprises. « Nous avons dû le retirer pour des raisons de sécurité », explique Magali Dat, la maire de quartier. Sa hauteur pose également question : le portique installé en avril 2026 indiquait un gabarit de 1,90 m, pour un pont limité à 2,50 m.

La Ville assure avoir renforcé les panneaux, dont certains lumineux. Mais leur accumulation ne suffit manifestement pas. Selon Magali Dat, les conducteurs « accélèrent, puis freinent trop tard ». Une étude des vitesses et des passages est engagée. Aucun ralentisseur n’est envisagé pour l’instant.
« On ne peut pas être dans les cabines »
L’inattention joue évidemment son rôle. La mairie évoque notamment des particuliers louant un utilitaire, peu habitués à sa hauteur, et suivant un GPS qui ignore son gabarit. Un conducteur accidenté aurait ainsi reconnu regarder son téléphone plutôt que la route. « On ne peut pas être dans les cabines avec les gens », souligne Magali Dat.

Reste à rendre l’alerte plus efficace. Un nouveau portique est commandé, annonce la maire de quartier, avec des supports ancrés dans le béton et une partie démontable destinée à faire du bruit au contact d’un véhicule trop haut. Sa pose est annoncée dans les prochaines semaines, selon le séchage du béton et la météo.

La signalisation sur le pont doit, elle, être refaite, en principe dans la nuit du 5 novembre, après accord de SNCF Réseau. Le gestionnaire ferroviaire assure procéder à des inspections après les heurts. Les vérifications peuvent toutefois affecter temporairement les circulations. Jusqu’ici, les trains ont pu continuer à passer. Les camions, eux, paient le prix fort.

Un portique est-il obligatoire pour prévenir les conducteurs ?
Non, l’absence de portique avant le pont ne suffit pas à établir une infraction. La mairie n’est donc pas en tort. L’Instruction interministérielle sur la signalisation routière impose de signaler les passages dont la hauteur libre est inférieure à 4,30 m, ce qui est le cas ici. Le panneau B12, rond à bord rouge, interdit l’accès aux véhicules dépassant la hauteur indiquée, chargement compris. La valeur affichée doit ménager une marge de 20 à 30 cm sous la hauteur minimale réelle. Une signalisation de danger peut compléter ce dispositif selon la configuration. En revanche, aucun portique n’est systématiquement imposé devant chaque pont bas. Des panneaux peuvent donc suffire réglementairement. Aux Herbettes, leur visibilité et leur efficacité face aux accidents répétés restent au cœur du sujet.















