L’un pilote la moto banalisée. L’autre en gicle pour interpeller les fauteurs de trouble. Inspiré de la Brav-M (Brigade de répression des actions violentes motorisée), un dispositif expérimental a été testé lors des trois dernières manifestations à Toulouse. Il cible en priorité les éléments qui agressent des policiers mais aussi les casseurs les plus virulents, adeptes des jets de pierres ou d’engins incendiaires. « Des binômes très efficaces car très mobiles », jugent les forces de l’ordre. Décryptage d’une unité de funambules. Appelée à s’ancrer dans la Ville rose ?
Bien que cagoulés et casqués, ils sont loin d’être des inconnus. Les participants les plus virulents des manifestations qui dégénèrent les redoutent. Et les observateurs indépendants s’avouent souvent soufflés par leur vitesse d’exécution. « Un peu comme un oiseau de proie fond sur sa cible », image une journaliste qui a assisté, ce samedi, aux face-à-face tendus entre petits groupes de casseurs disséminés en centre-ville de Toulouse et forces de l’ordre.
Un dispositif expérimental
À l’instar de la Brav-M – la Brigade de répression des actions violentes motorisée, décriée par certaines voix pour ses interventions jugées violentes –, dont ils sont l’émanation expérimentale dans la Ville rose, des policiers à moto ont abondé le dispositif du maintien de l’ordre lors des trois dernières manifestations à Toulouse. « Le dispositif existait lors du mouvement des gilets jaunes mais avait été dissous en 2022 », se remémore un policier.
Un pilote uniquement focus sur la conduite. Un passager, libre de ses mouvements, chargé de maîtriser les fauteurs de troubles. « Il s’agit soit d’un collègue de la brigade anticriminalité, soit de la compagnie d’intervention », éclaire un policier. Des professionnels rompus aux techniques d’interpellation.
« Très efficaces car très mobiles »
« Je les ai vus foncer sur une cible à 200 m en quelques secondes et parvenir à l’interpeller », relève un observateur aguerri, ébahi par cette vitesse d’exécution. « Ils sont très efficaces sur le maintien de l’ordre et les épisodes de violences urbaines car très mobiles, abonde notre source. Ils visent en priorité les individus qui caillassent les forces de l’ordre ».
Mais également les excités qui jettent des pavés ou des bombes incendiaires, comme ce fut le cas à Paris. Deux cocktails Molotov ont été utilisés hier à Toulouse. « L’un a visé un (véhicule) Centaure, l’autre s’est perdu en ratant sa cible. Mais cela montre que la violence est montée d’un cran. Ce sont des choses qu’on ne voyait pas, avant, à Toulouse », affirme un officier.
Motos banalisées équipées de gyrophares
Trois équipages de cette brigade qui rappelle les voltigeurs d’antan, « mais en moins violents et plus techniques » ont été engagés ce week-end sur des « motos banalisées équipées de gyrophare ». Sur les 56 personnes interpellées, combien l’ont été par ces unités ? « Trop tôt pour le savoir », éludent nos sources. Mais lorsque le pilote et son passager sont au diapason, leur efficacité est redoutable.
« C’est un vrai binôme dont chaque composante doit anticiper les actions de son collègue ». L’un pour permettre de fondre sur la cible. L’autre, pour ne pas déséquilibrer la moto par un mouvement inopportun. « Les plus aguerris parviennent à sauter de la moto en roulant ».
Dangereux pour certains, essentiels pour d’autres
Décriée par certains « notamment LFI et l’ultragauche qui en demandent la dissolution », une Brav-M pourrait-elle s’ancrer durablement à Toulouse, deuxième ville de France au nombre de manifestations annuelles après Paris ? « Dix effectifs suffisent, évalue un connaisseur du dossier. Et ce serait clairement un gain opérationnel de choix et sécuritaire pour les habitants de cette ville ».
















