Plusieurs lycées sont à nouveau bloqués dans la région toulousaine ce lundi 2 novembre. Les lycéens veulent continuer à maintenir la pression sur le gouvernement pour obtenir davantage de moyens et de meilleures conditions d’étude.
Des blocages sont en cours ce lundi matin 2 novembre devant plusieurs lycées de Toulouse et des environs. La colère des lycéens ne retombe pas malgré les annonces du gouvernement. Martin Ramel-Brossard, coresponsable de l’USL 31, Union syndicale lycéenne à Toulouse, est l’invité d’Ici Occitanie.
Ici Occitanie : Combien de lycées sont-ils bloqués, selon vos informations, ce lundi matin de rentrée dans l’agglomération toulousaine ?
Martin Ramel-Brossard : On estime être sur une quinzaine de lycées bloqués à Toulouse et dans les alentours (Saint-Sernin, Ozenne, Rive-Gauche, Toulouse-Lautrec, Joséphine Baker, Arènes) il y en a aussi à Muret, Colomiers par exemple. C’est le même ordre de grandeur qu’avant les vacances scolaires.
L’objectif c’est quoi aujourd’hui avec ces blocages ?
Ce n’est pas d’empêcher tout le monde d’aller en cours. Les élèves de classes préparatoires, BTS, ceux de lycées agricoles ou professionnels peuvent aller en cours mais l’objectif c’est que les lycéens n’y aillent pas, pour montrer des classes vides et faire entendre notre colère au gouvernement.
Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures la semaine dernière, Parcoursup sera remplacé en 2028, les classes de Seconde seront plafonnées à 28 élèves dans les établissements les plus défavorisés, des prêts seront accordés aux régions pour rénover des lycées, cela ne vous convient pas ?
Non cela ne suffit pas. Le remplacement de Parcoursup a été annoncée de manière superficielle, on est sur une refonte partielle, notamment en intégrant l’intelligence artificielle, ce qu’on estime être une mesure insuffisante. Le gouvernement s’engage pour 2028 mais il ne sera plus aux manettes, cet engagement n’est donc pas valable à notre sens.Quant au plafonnement des classes en Seconde, il ne concerne pas toutes les classes mais la moitié d’entre elles dans les lycées les plus défavorisés et il faudrait mettre en œuvre la même chose en Première et en Terminale, notamment pour les matières de spécialité qui comptent pour le baccalauréat. Les recrutements de personnels annoncés par l’Etat ne sont pas suffisants.
Qu’est-ce qui permettrait de calmer la situation selon vous ?
Le plafonnement des classes à 28 élèves pour tous les niveaux. Pour éteindre le mouvement, il faudrait des revalorisations salariales pour les personnels, notamment pour les infirmiers et infirmières scolaires de l’enseignement public.
Mais vos revendications de base étaient d’obtenir davantage de moyens pour vous, les lycéens ?
Oui mais cela veut aussi dire plus de moyens pour les personnels. Aucun lycéen n’a envie de travailler dans une classe où son professeur est mal payé, où les personnels sont injustement rémunérés. Nous permettre d’accéder à de meilleures conditions de travail, c’est aussi rémunérer plus justement nos personnels pour rendre les projets attractifs. Par exemple, les postes d’infirmiers scolaires ne sont pas pourvus parce que les salaires et les temps de travail sont complètement inadaptés et les postes comportent de grosses charges de travail. Je suis élève au lycée Pierre de Fermat qui compte 2000 élèves dont 1100 élèves sont en classes préparatoires. Mais les personnels administratifs sont comptés pour les 900 élèves du lycée seulement.
Votre mouvement a débuté il y a six semaines, vous prenez du retard sur les programmes, certains ont des examens en fin d’année, cela inquiète une partie des élèves, vous le comprenez ?
Alors, le mouvement n’a pas débuté il y a six semaines, il est bien plus ancien que cela. Cela fait des années que les syndicats d’enseignants de battent, aux côtés de certains lycéens, pour de meilleures conditions de travail. On estime que tant que tous les lycéens ne pourront pas avoir cours dans des conditions décentes, ça ne vaut pas la peine qu’une minorité d’élèves puisse avoir cours dans des conditions dignes.
Vous comptez durcir votre mouvement ?
Tant que le gouvernement ne répondra pas à nos revendications, nous continuerons. Aujourd’hui, on a des annonces de mesurettes toutes les deux semaines au travers d’influenceurs et de convocations de personnes à Matignon par le gouvernement. Nous on veut des résultats concrets. Par exemple, l’indexation des bourses étudiantes sur l’inflation annoncée par le ministère, cela n’avait pas été fait les dix années précédentes, elles étaient gelées. On a perdu 350 euros de pouvoir d’achat nous les étudiants. Les bourses seront revalorisées de 150 à 200 euros mais c’est insuffisant.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555




















