À Toulouse, malgré l’autorisation municipale d’ouverture dominicale pour compenser les pertes dues aux manifestations, peu de commerces ont ouvert ce dimanche. Le marathon de Toulouse a compliqué l’accès au centre-ville, limitant la fréquentation. On vous raconte comment ça s’est passé.
Dans les rues de Toulouse ce dimanche, les boutiques ouvertes se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant, un arrêté pris par la mairie autorise les commerçants à ouvrir leurs portes, alors qu’ils ont été fragilisés par plusieurs journées de mobilisations. « On a énormément moins de monde le samedi, témoigne l’une d’eux. Mais je veux rester positive, Noël arrive, il ne faut pas être dans la plainte. » Elle a donc choisi d’ouvrir ce dimanche, pour tenter de compenser les pertes.
Même démarche pour Marie Mignonac, gérante de la bagagerie Combo rue Cujas. « On est obligés d’essayer », confie-t-elle. Mais cette journée n’a rien d’idéal : à cause du marathon, plusieurs accès sont paralysés. « Les clients qui viennent de banlieue ne vont pas se déplacer en centre-ville aujourd’hui », déplore-t-elle.
Un constat partagé par beaucoup. « La fréquentation est bien plus faible que d’habitude », relate une employée de l’enseigne Trendcode, rue Saint-Rome, ouverte tous les dimanches. « Le marathon, ça ramène du passage, mais les gens ne s’arrêtent pas pour acheter, ils n’ont pas l’habitude, analyse un autre professionnel du secteur. Nous, on a voulu jouer le jeu, peut-être que si tous étaient ouverts, ça fonctionnerait, mais là, ce n’est pas le cas. »
Vers des opérations collectives ?
« C’est catastrophique, nous enregistrons une baisse de 50 % du chiffre d’affaires en raison des samedis désertés », confie le responsable d’une boutique rue Baronne. Il résume le dilemme : « Je comprends les revendications, et en même temps, j’ai besoin de pouvoir travailler. » L’ouverture dominicale pourrait-elle être une solution ? Pas pour tout le monde selon lui. « Déjà on n’arrivera jamais à tout rattraper, et il faut pouvoir se le permettre, en payant un salarié. »
Certains évoquent l’idée d’organiser des opérations collectives, comme une braderie, pour redynamiser le centre-ville et inciter les Toulousains à venir. Car ouvrir ne suffit pas, encore faut-il que les clients soient au rendez-vous.


















