Depuis 1998, le fichier national automatisé des empreintes génétiques permet, chaque jour, de résoudre vols, viols, meurtres… Ce fichier devait être ouvert aux victimes selon la loi de décembre 2021. Les décrets d’application n’ont jamais été publiés. Casse-tête.
Le retour de l’ADN officiel de Marion dans le dossier d’instruction ouvre l’ère des comparaisons. Exemple avec Fourniret, que la juge Sabine Khéris connaît parfaitement pour avoir mené l’Ogre des Ardennes et sa compagne aux aveux, et où des ADN de potentielles victimes demeurent inconnus.
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Dont celui de Marion Wagon ? A priori, non, même si des comparaisons se poursuivent. « Il serait si simple d’introduire l’ADN de Marion dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques [FNAEG] et de le comparer avec les 500 000 traces non identifiées et prélevées sur des scènes de crime, explique Me Robien Senie-Delon, avocat de la famille Wagon. Mais, légalement, ce n’est pas possible. »
500 000 traces à comparer
La faute à des décrets d’application qui n’ont jamais été publiés par le gouvernement après le vote de la loi en décembre 2021, au grand dam des magistrats instructeurs, ceux du pôle de Nanterre comme beaucoup d’autres à travers les juridictions françaises. En effet parmi ces 500 000 traces non identifiées inscrites au fichier figure peut-être l’ADN de Marion Wagon, prélevé loin d’Agen mais surtout d’autres victimes disparues.
Devant ce blocage réglementaire, l’avocat de la famille Wagon a écrit au Premier ministre, au garde des Sceaux et au ministre de l’Intérieur. « Nous avons reçu des réponses polies mais hors du temps et de la réalité », constate, amer, le conseil toulousain. Et les juges du pôle cold case trépignent en songeant aux avancées que permettrait la simple application de la loi dans les 131 dossiers en cours d’instruction dans leurs cabinets.
Pourquoi ce progrès reste-t-il bloqué ? Peut-être à cause de l’autre idée soutenue par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Il voulait permettre à la justice de consulter les fichiers génétiques étrangers, y compris privés, afin de résoudre les affaires non élucidées. Cette ambition a été retoquée par le Conseil constitutionnel en juillet en raison du risque d’atteintes disproportionnées à la vie privée et du manque de garantie légale. Rien qui concerne les traces inconnues du Fnaeg français.
















