Après les coups de feu entendus à la Reynerie et Bellefontaine ces derniers jours, le risque d’une balle perdue inquiète mais n’empêche pas les habitants de vivre. Si certains aimeraient quitter leur quartier, d’autres s’y trouvent très bien. Reportage.
Après les coups de feu entendus à la Reynerie et Bellefontaine ces derniers jours, le risque d’une balle perdue inquiète – notamment le procureur de la République de Toulouse – mais n’empêche pas les habitants de vivre, si certains aimeraient quitter leur quartier, d’autres s’y trouvent très bien. C’est le constat fait par Ici Occitanie ce lundi 17 août, au lendemain de plusieurs jours de tensions. Notre reporter est allée à la rencontre des habitants.
« Je ne me sens pas plus en insécurité ici qu’ailleurs », assure une trentenaire de Bellefontaine
Assise sur le bord du trottoir, une cigarette à la main : Kheira (nom d’emprunt). Elle est née à Bellefontaine. Elle y a passé chacune de ses 37 années. Et ce ne sont pas les coups de feu qui la feront partir : « C’est pas plus en sécurité ailleurs » assure t’elle d’un ton convaincant. Elle adore son quartier : « Parce qu’on y est bien, c’est convivial, avec beaucoup d’espaces verts. Et il y a beaucoup de choses pour les enfants, les transports en commun, les écoles, clubs sportifs. Il y a tout ! »
« Si j’avais les moyens, je partirais », commente une retraitée
Le quartier voisin de celui de Kheira, c’est la Reynerie. Une poche à la main ou un cabas tiré derrière eux, les habitants arpentent les avenues. Ce matin de la mi-août est calme. C’est la nuit que ça se complique témoigne cette habitante, croisée près de la fontaine de la médiathèque. : »Il y a eu des tirs il y a deux nuits, et quelques nuits auparavant. Je les ai entendus comme des rafales« .
Une trentaine de coups de feu en tout dans la nuit de vendredi à samedi. Deux types de munitions retrouvées : celle d’une arme de guerre, potentiellement une kalachnikov, ainsi que du neuf millimètres provenant d’une arme longue ou bien d’une arme de poing. Bis repetita dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs tirs sur la porte d’un appartement dans un immeuble de la raffinerie, indique le procureur de la République de Toulouse, qui se dit préoccupé et craint une balle perdue. Une situation qui désole Marie-Christine, habitante d’une résidence privée : » Si j’avais les moyens, je partirais du quartier, mais je ne les ai pas, donc je reste et j’essaie de faire en sorte que chez moi, je sois le mieux possible« .
« Pour mes enfants, la Reynerie, c’est le cancer » témoigne un septuagénaire
Son de cloche similaire de la part de Mohamed : « Le problème, c’est surtout la drogue, les drogues dures. Les drogues douces c’était les baba cool, mais là maintenant c’est la mafia, c’est dangereux ». Ce septuagénaire, arrivé à la Reynerie il y a une poignée d’années, se plaint de l’insécurité grandissante autour du trafic de stupéfiants. Il aimerait bien aussi quitter le quartier, car pas grand monde ne lui rend visite : « Quand vous dites que vous habitez à la Reynerie (…) moi, mes enfants, ils viennent jamais me voir, pour eux, c’est le cancer« .
Depuis la fusillade du week-end dernier qui visait un groupe de jeunes au pied des immeubles, et qui n’a pas fait de blessés, une enquête est ouverte pour tentative d’homicide, indique le parquet de Toulouse.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555










