Les pompiers de l’Ariège font face à une situation « inédite dans sa durée et son intensité ». Quatre incendies sont toujours actifs dans le département, dont certains depuis plus d’un mois. Près de 350 hectares ont déjà brûlé.
Des incendies à n’en plus finir en Ariège. Les pompiers sont actuellement confrontés à quatre feux simultanés dans les Pyrénées : à Saurat, Orlu, Perles-et-Castelet et Mijanès. Le plus ancien, celui de Saurat, s’est déclaré le 16 août et a parcouru plus de 185 hectares.
Au total, près de 350 hectares ont brûlé en un mois et demi. Le colonel Olivier Blanco, directeur du Service départemental d’incendie et de secours de l’Ariège, parle de feux fantômes : « Ce sont des feux qui couvent en sous-sol et qui, avec la chaleur et le soleil qui frappe les sols en journée, se réactivent. On les éteint, ils sont en sommeil deux, trois, oi quatre jours, puis ça repart. On ne sera pas tranquille tant qu’il n’y aura pas eu des pluies abondantes sur l’Ariège. »
Des feux difficiles d’accès
Ces incendies sont difficiles à combattre, puisque situé en altitude et dans des secteurs très escarpés. Les camions de pompiers ne peuvent pas y accéder. Des largages d’eau ont été réalisés au début des incendies, mais les feux sont désormais placés sous « surveillance active » : les pompiers n’interviennent que très peu dessus, ne les aspergent pas d’eau, mais veillent à ce qu’ils ne s’étendent pas de façon démesurée. Ces zones ne sont pas ou très peu habitées, l’enjeu est donc limité pour le colonel Olivier Blanco : « Le périmètre du feu fait des centaines et des centaines de mètres. Et on est sur des zones rocheuses, difficilement inaccessibles. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du chantier titanesque que serait d’éteindre un feu de 50 hectares dans ces milieux-là : il faudrait que les pompiers marchent plus d’une heure, avec leur équipements sur le dos, pour pouvoir accéder à ces zones. Et, une fois sur place, il faudrait creuser à la main une tranchée de 40 centimètres de profondeur sur des kilomètres. Aujourd’hui, on ne peut pas mobiliser dix, vingt ou trente pompiers pendant dix à quinze jours consécutifs à pour faire ça. Il ne faut pas oublier que le quotidien continue :le département ne s’est pas arrêté pour ces quatre feux. Il y a les secours à personnes, les accidents de la circulation, les incendies urbains. Ces feux là, en montagne, sont extrêmement mobilisateurs pour des enjeux limités. Je suis obligé de faire des choix et effectivement et de répartir mes forces. »
Des fumées visibles à plusieurs kilomètres
Ces incendies sont tout de même visibles à plusieurs kilomètres à la ronde et leurs panaches de fumée ont suscité de nombreux appels de riverains aux pompiers. Nicky habite à Tarascon-sur-Ariège, à une quinzaine de kilomètres du feu de Saurat : « Ça se consume tout doucement et ça fait énormément de fumée. Ça sent parfois le brûlé chez moi. Moi, ça ne me gêne pas particulièrement, mais je pense qu’il y a des gens qui ferment leurs fenêtres pour éviter de respirer ces fumées. »
Les pompiers assurent que les analyses de la qualité de l’air réalisées par Atmo Occitanie ne révèlent rien d’anormal, notamment grâce au vent qui disperse les fumées.
Pour le colonel Olivier Blanco, cette saison restera exceptionnelle : « On n’a jamais vécu ça. Malheureusement, ce sont les effets du changement climatique, on en est tous conscients. La saison hivernale va nous permettre de réfléchir à tout ça et de voir comment on apprendra la saison prochaine. »
Depuis le début de la saison estivale, près de 1 000 hectares ont brûlé en Ariège, soit environ deux fois plus que sur l’ensemble de l’année dernière.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555






















