Plusieurs jours après la découverte du corps de Michel, 48 ans, dans sa Peugeot 2008 stationnée sur le parking de la Ramée à Tournefeuille, l’hypothèse criminelle s’est éloignée au profit d’un drame plus silencieux. Sa sœur raconte un homme sensible, cabossé par une séparation, mais qui avait remonté la pente et voulait retrouver un emploi.
Elle n’aimait déjà pas le lac de la Ramée. Trop de monde, trop de bruit. Elle sait qu’elle n’y retournera plus. M., 51 ans, la sœur de Michel, passe pourtant souvent près de cette base de loisirs de Tournefeuille, à l’ouest de Toulouse. Sa mère habite tout près. Mais depuis la découverte du corps de son frère, le 24 juin, dans sa Peugeot 2008 grise stationnée sur le parking, elle détourne le regard. « Depuis le drame, j’essaie de ne même plus regarder l’endroit. C’est trop douloureux. Je pense à lui », souffle cette femme aux cheveux attachés, tirés en arrière avec quelques mèches blondes.
Michel venait d’avoir 48 ans, le 31 mai. Son corps a été retrouvé en état de décomposition avancée dans sa voiture, sur le parking très fréquenté de la base de loisirs. Derrière la vitre avant, un pare-soleil masquait une partie de l’habitacle. Une odeur de cadavre entourait le véhicule. L’homme était mort depuis plusieurs jours.
L’hypothèse criminelle semble désormais s’éloigner. L’enquête ouverte pour rechercher les causes de la mort s’oriente vers une tragédie plus silencieuse : celle d’un homme possiblement emporté par un malaise ou un arrêt cardiaque dans un habitacle transformé en fournaise, en pleine période de très fortes chaleurs. Pour sa sœur, la piste du suicide est totalement écartée. « Il allait repartir, retrouver un emploi. Il remontait la pente. Il était parti se baigner. Je pense qu’il a dû avoir un coup de fatigue. Il a dû s’endormir. Peut-être un arrêt cardiaque », assure-t-elle.
« Il a fait une petite dépression »
Michel n’était pas un homme coupé de tout. Il vivait chez sa mère après avoir traversé une période instable après une séparation douloureuse, survenue environ un an plus tôt. Il avait partagé près d’une dizaine d’années avec son ancienne compagne. La rupture l’avait marqué. « Après cette séparation, il s’est renfermé. Il a fait une petite dépression. Il était suivi », raconte sa sœur. Mais ces derniers temps, selon elle, quelque chose s’était apaisé. « Il était très agréable. Tout le monde disait qu’il était très bien dans sa tête. On avait des discussions agréables. » Avec M., ils s’envoyaient chaque jour des vidéos sur TikTok, « des conneries qui nous font marrer ».
Charpentier de métier, Michel était à la recherche d’un emploi. Sa vie n’avait pas pris la forme qu’il aurait voulue. « C’était quelqu’un de banal, avec des hauts et des bas. Il n’a pas eu la vie sentimentale qu’il souhaitait », résume sa sœur. Il aimait les motos, en avait possédé plusieurs, fumait quelques cigarettes, buvait peu d’alcool. Il aimait surtout ses enfants, même si les voir était devenu compliqué, selon sa famille, en raison de difficultés avec ses anciennes compagnes.
Dans le souvenir de sa sœur, Michel reste ce garçon sensible qu’il avait toujours été. « Quand on était gamins, il était plus faible, plus réservé. Je prenais sa défense. » Elle le décrit aussi comme un enfant remuant, « hyperactif », capable de faire « des bêtises », « un petit canaille », mais sans dureté. Plus tard, les chemins s’étaient éloignés. Lui avait construit une partie de sa vie ailleurs, à Évreux puis à Rouen. Les années avaient passé, avec leurs distances ordinaires, avant que la famille ne se resserre autour de lui dans ses périodes plus difficiles.
Sa mère pensait qu’il reviendrait
Sur une photo montrée par ses proches, Michel apparaît le visage plein, lumineux. Les cheveux noirs, courts, légèrement dressés, les yeux pétillants, une barbiche poivre et sel au menton. Une petite marque métallique perce son arcade sourcilière gauche.
Michel avait parfois ses moments d’absence, ses replis. Sa mère s’était dit qu’il reviendrait dans les jours suivants. Le jour où les policiers ont retrouvé son corps, elle avait rêvé de lui. « Ma mère est très affectée », confie sa fille.
Michel sera incinéré. Sa sœur, elle, garde le souvenir d’un homme sentimental, solitaire mais aimé de ses proches.













