Les épisodes de fortes chaleurs et de canicule se succèdent à Toulouse depuis plusieurs semaines. Un contexte éprouvant qui favorise l’irritabilité, l’anxiété et les tensions du quotidien, notamment en raison du manque de sommeil. Une psychiatre du Centre hospitalier Gérard-Marchant alerte également sur les conséquences de cette chaleur qui s’installe durablement, pour les habitants comme pour un système de santé déjà sous pression.
Cet été, les Toulousains sont mis à rude épreuve. Entre les épisodes de fortes chaleurs et les vagues de canicule qui se succèdent sans véritable répit, la fatigue s’accumule et les tensions montent. Nuits écourtées, sommeil perturbé, chaleur omniprésente, bruits de ventilateurs et de climatiseurs… Un cocktail qui n’est pas sans conséquence sur le moral et le comportement. Une psychiatre toulousaine décrypte les effets de cette météo hors norme.
Quand la chaleur agit sur le cerveau
« La chaleur entraîne un stress physiologique très important qui va produire des effets aussi bien chez les personnes en bonne santé que chez celles souffrant de troubles psychiatriques », explique le docteur Anne-Hélène Moncany, psychiatre et présidente de la commission médicale d’établissement du Centre hospitalier Gérard-Marchant.
En sollicitant fortement l’organisme, la chaleur met également le cerveau à contribution. « L’une de ses principales conséquences est la perturbation du sommeil. Or, le manque de sommeil est un facteur de risque majeur : il altère notre capacité à gérer le stress et les émotions, favorise l’irritabilité et augmente l’anxiété liée à la fatigue », poursuit-elle.
À cela s’ajoutent les nuisances sonores de l’été. « Quand on est déjà irritable, on tolère beaucoup moins bien les bruits, qu’il s’agisse des ventilateurs, des climatiseurs ou de l’agitation extérieure », résume la psychiatre.
« Les capacités d’adaptation finissent par s’épuiser »
Et alors que Toulouse s’apprête à connaître de nouveaux jours largement au-dessus des normales de saison, une autre inquiétude apparaît : celle de la répétition des épisodes de chaleur. « Lorsqu’il est confronté à un stress ponctuel, le cerveau dispose d’un temps de récupération. Mais lorsque ces épisodes se répètent, avec des périodes de repos de plus en plus courtes, les capacités d’adaptation finissent par s’épuiser. Le corps n’est pas inépuisable », alerte Anne-Hélène Moncany.
Cette usure progressive a déjà des répercussions sur le système de santé. « L’une des conséquences majeures est l’augmentation des hospitalisations », souligne la psychiatre. Le Centre hospitalier Gérard-Marchant en fait déjà le constat. « Nous sommes en permanence à pleine capacité. Le nombre de lits est insuffisant et les passages aux urgences psychiatriques n’ont pas diminué, bien au contraire. Nos médecins sont eux aussi épuisés. Tout le service public est très inquiet de cette situation, d’autant que nous ne sommes qu’à la fin du mois de juillet. Plus cette chaleur dure, plus elle devient difficile à supporter. Mais nous ne pouvons pas fermer », conclut-elle.
Une situation qui rappelle que les conséquences des fortes chaleurs ne se limitent pas aux coups de chaud ou aux malaises : elles pèsent aussi durablement sur la santé mentale des habitants comme sur un système hospitalier déjà sous tension.









