Les nuits sont étouffantes, les journées interminables et les nerfs de plus en plus mis à rude épreuve. À Toulouse, où les épisodes de canicule s’enchaînent depuis près de trois mois, la fatigue s’accumule et l’irritabilité gagne du terrain. Ces chaleurs à répétition affectent profondément notre humeur et notre santé mentale. Sur les quais de la Daurade, plusieurs jeunes racontent un été qui les épuise autant physiquement que mentalement. On est allé à leur rencontre.
Ça n’en finit plus. Encore 38 °C sont attendus ce dimanche 2 août, puis jusqu’à 35 °C en début de semaine prochaine à Toulouse. Un début de mois d’août qui ressemble furieusement à juillet… et même à juin ou mai. Depuis trois mois, les Toulousains enchaînent les épisodes de fortes chaleurs, sans véritable répit. Une répétition qui finit par peser sur les nerfs. Certains s’agacent, d’autres se sentent complètement déboussolés. Cet été 2026, marqué par une succession de vagues de chaleur, commence à mettre les organismes… et les esprits à rude épreuve.
« Je ne dors plus la nuit »
« Il fait trop chaud », « je ne dors plus la nuit », « les températures ne redescendent jamais »… Ces phrases sont devenues le refrain de l’été. Sur les quais de la Daurade, en cette fin de journée caniculaire, un groupe d’amis profite d’un peu d’air tout en partageant le même ras-le-bol. « Je suis né en 2003. Je n’ai pas connu cette canicule dont tout le monde parle. Mais qu’on vienne voir ce qu’on vit en 2026. On devient fous avec cette chaleur qui ne s’arrête jamais », souffle Mathis, immédiatement approuvé par ses amis.
« On est tout le temps à fleur de peau. On dort mal, on mange moins, on est épuisés. À force, on devient dingues. Je m’embrouille presque tous les jours avec mes proches parce que je ne supporte plus rien », raconte Juliette. À ses côtés, Émile acquiesce : « Ce sont tous les petits détails qui deviennent insupportables. Le ventilateur qui tourne toute la nuit, son bruit, l’air qu’il souffle… En fait, on ne supporte plus grand-chose ».
La santé mentale mise à l’épreuve
Dans le groupe, un sujet revient sans cesse : la santé mentale. Car si la canicule fatigue les corps, elle épuise aussi les esprits. Concentration, patience, sommeil… tout semble plus difficile.
Laure, étudiante en psychologie et doyenne du groupe, tente de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. « Nos corps sont à vif avec ces chaleurs qui n’en finissent plus. C’est normal que tout nous irrite : notre cerveau est lui aussi constamment sollicité pour réguler notre température corporelle. Il faut essayer de rester au frais et de se ménager, du moins je pense, mais bien sûr que ce sont des périodes qui interrogent notre santé mentale. On est épuisés. »
« Qu’est-ce que ce sera demain ? »
Derrière les plaintes se cache aussi une inquiétude plus profonde. Celle de voir ces épisodes extrêmes devenir la norme. « C’est quoi la suite ? La planète brûle et nous, on finit par tomber malades à ne plus se supporter ? », s’interroge Juliette, le regard tourné vers la Garonne.
Les étudiants évoquent aussi les tensions que ces vagues de chaleur peuvent provoquer. « Si les violences intrafamiliales augmentent déjà parce que les gens restent enfermés chez eux à cause de la chaleur, qu’est-ce que ce sera dans quelques années ? », s’inquiète-t-elle.
Ils n’ont pas de réponse. Mais tous partagent le même souhait : voir enfin les températures redescendre. « Aujourd’hui, le seul remède, c’est que cette chaleur s’arrête. Et surtout qu’on soit mieux préparés aux prochaines canicules », conclut Émile.
Quelques chiffres sur la canicule.
Il y a eu 14 nuits tropicales consécutives (température ne descendant pas sous les 20 °C) à Toulouse en juillet 2026, une série qualifiée de record par plusieurs météorologues.Le seuil de canicule à Toulouse est fixé à 36 °C le jour et 21 °C la nuit pendant au moins trois jours consécutifs. La Ville rose a régulièrement dépassé ces seuils depuis la fin du printemps.Le mois de juin 2026 à Toulouse-Blagnac affiche une température moyenne de 24,4 °C, soit +4,7 °C au-dessus des normales. Les précipitations étaient elle en déficit de 39 %.
A l’échelle du pays, la première canicule de l’été 2026 a provoqué près de 6 000 décès supplémentaires en France entre le 17 juin et le 2 juillet.






