Neuf mois après leur placement en redressement judiciaire, les Halles de la Cartoucherie tentent toujours de redresser la barre. Malgré une fréquentation importante et une offre de restauration qui fonctionne, le modèle économique du lieu doit être repensé. Réduction des charges, restructuration interne, nouvelle identité visuelle et développement de la culture : la directrice générale nous détaille les nombreux changements engagés et les projets à venir pour assurer la pérennité des Halles.
En début d’année, les Halles de la Cartoucherie vivaient un sacré coup dur. Deux mois après l’arrivée de sa nouvelle directrice générale, elles étaient placées en redressement judiciaire. Une décision de justice alors même que le lieu ne désemplissait pas, avec 2,2 millions de visiteurs accueillis en 2025. Mais malgré le succès de son offre de restauration, le chiffre d’affaires consolidé plafonnait à 18 millions d’euros, alors que le seuil de rentabilité était estimé à 22 millions.
Face à ce déficit, survenu un an et demi après l’inauguration du lieu, la justice avait tranché. Le redressement judiciaire devait durer entre six et dix-huit mois, avec pour objectif « une refonte de beaucoup d’aspects », comme l’expliquait Muriel Le Vaillant, nouvelle directrice générale. Neuf mois plus tard, où en est la situation des Halles ?
Une prochaine échéance à venir
Alors que les Halles accueillent « entre 1 500 et 3 000 repas par jour », selon la directrice, continuer de fonctionner malgré le redressement judiciaire était une nécessité. « On a la volonté de s’adapter à une vie de quartier et de faire en sorte que cet établissement soit inclusif. Il faut continuer de fonctionner et d’accueillir des associations malgré le contexte », souligne-t-elle.
Elle rappelle que les Halles se portent bien sur certains aspects : « La partie restauration et le sport fonctionnent. C’est Cosmopolis, qui assure la gestion, l’animation culturelle et la communication des Halles, qui a été placé en redressement judiciaire deux mois après mon arrivée », précise-t-elle.
De fait, « aujourd’hui, je travaille avec l’administrateur judiciaire pour démontrer comment on peut rembourser cette dette et comment on peut constituer des réserves pour rembourser tout le monde. Le 10 décembre prochain, il y aura une première audience pour savoir à quel moment on pourra sortir de cette situation », indique Muriel Le Vaillant. Une première audience devait avoir lieu plus tôt, mais les documents fournis ont permis de repousser l’échéance.
Une refonte des Halles
Pour faire face à ce redressement judiciaire, plusieurs changements ont été engagés. « On a refondu beaucoup de choses, notamment les charges techniques, que l’on a abaissées de 30 %. Il y a également eu un volet RH chez Cosmopolis avec un plan de licenciement. C’était compliqué pour moi qui venais d’arriver. On parle d’humain, mais on a refondu les pôles. Aujourd’hui, il y a 14 personnes chez Cosmopolis et ça fonctionne totalement. Au total, 250 personnes travaillent sur les Halles », souligne la directrice.
La rentabilisation des Halles et l’augmentation du chiffre d’affaires sont aussi au cœur de ce redressement. « Cette année, on va réaliser entre 14,5 et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires sur la partie restauration. Un gros travail a été fait sur la manière de rentabiliser les espaces des Halles », conclut-elle. Prochaine échéance en décembre donc, pour savoir ce qu’il va advenir.
Vers un développement des Halles
Face à ce redressement judiciaire, toute une dynamique se met donc en place pour faire perdurer les Halles de la Cartoucherie. « Nous allons changer l’ADN des Halles en décembre pour nous rapprocher de nos valeurs et de ce que le lieu représente vraiment pour nous. Cela passera par un vrai travail de direction artistique, de nouvelles couleurs, une nouvelle signalétique. Nous allons aussi travailler sur ce qui manque aux Halles : un plus grand espace gaming, attirer une clientèle différente, mieux miser sur la culture… », confie Muriel Le Vaillant. Autant de projets qui montrent que, malgré les difficultés financières, les Halles ne comptent pas se laisser abattre.
















