À peine quelques semaines après les élections municipales, le climat politique reste tendu à Souillac, dans le Lot. Battu de seulement 16 voix au second tour, l’ancien maire Gilles Liébus a décidé de saisir le tribunal administratif de Toulouse pour contester le scrutin. Une procédure rare à cette échelle, qui relance les discussions dans la commune autour du déroulement des élections des 15 et 22 mars 2026.
Gilles Liébus, ancien maire de Souillac et candidat de la liste « Vivons Souillac », a officialisé sa démarche de recours dans un communiqué diffusé le 10 mai. Battu au second tour par la liste « Souillac L’ambition de vivre mieux » menée par Frédéric Vergnes, il avait échoué de très peu lors du scrutin municipal : 771 voix contre 755, soit seulement 16 bulletins d’écart. Dans un contexte aussi serré, la moindre irrégularité potentielle peut rapidement prendre une importance particulière et nourrir les interrogations autour du déroulement du vote.
Une contestation portée devant la justice administrative
Dans son communiqué, Gilles Liébus affirme avoir engagé cette procédure « conformément aux droits que me confère le code électoral, et au regard de plusieurs irrégularités que j’ai estimé sérieuses ». L’ancien édile ne détaille toutefois pas publiquement la nature exacte des faits contestés. Il insiste en revanche sur la portée institutionnelle de sa démarche. « Cette démarche s’inscrit dans un cadre strictement juridique et républicain », explique-t-il, ajoutant qu’elle traduit son « attachement profond » au respect des règles électorales.
L’ancien maire assure également ne pas agir dans un esprit de revanche politique. « Elle ne procède en aucun cas d’une quelconque rancœur ou d’une contestation de principe du résultat », écrit-il encore. L’audience est prévue le 20 mai devant le tribunal administratif de Toulouse. À l’issue de cette audience, plusieurs scénarios restent possibles : rejet du recours, validation définitive du scrutin, voire dans certains cas annulation partielle ou totale de l’élection si des irrégularités suffisamment importantes étaient reconnues par la justice.
Un scrutin extrêmement serré
Le second tour des municipales à Souillac avait déjà marqué les esprits par son issue très serrée. Selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur, la liste de Frédéric Vergnes avait remporté l’élection avec 50,52 % des suffrages contre 49,48 % pour Gilles Liébus. La participation avait atteint 67,01 %, un niveau élevé pour une commune de cette taille.
Dès l’annonce des résultats, beaucoup d’habitants avaient souligné à quel point quelques voix seulement avaient suffi à faire basculer la mairie. Cette situation explique aussi pourquoi la contestation déposée par Gilles Liébus est suivie de près localement. Dans les petites communes, les recours électoraux restent relativement rares, mais les marges très faibles peuvent renforcer les interrogations autour du déroulement du vote.
Des habitants et commerçants auraient alerté l’ancien maire
Dans son communiqué, Gilles Liébus précise également que sa décision fait suite « à la sollicitation d’un collectif d’habitants et de commerçants de la commune ». Selon lui, plusieurs personnes lui auraient fait remonter des « interrogations » et des « éléments de préoccupation » concernant le scrutin. Là encore, aucun détail précis n’a été communiqué publiquement à ce stade sur la nature des faits évoqués.
L’ancien édile rappelle aussi que « la liste aujourd’hui victorieuse avait elle-même engagé une démarche contentieuse au moment du premier tour de l’élection », estimant que le recours aux voies judiciaires fait partie du fonctionnement normal de la démocratie locale lorsque des doutes existent.
Une décision très attendue à Souillac
En attendant l’audience du 20 mai, la vie municipale se poursuit normalement à Souillac sous la direction du nouveau maire Frédéric Vergnes. Mais dans les cafés, chez les commerçants ou sur les réseaux sociaux locaux, le sujet continue déjà d’alimenter les discussions. Dans une commune où l’élection s’est jouée à seulement seize voix, la procédure judiciaire pourrait maintenir une certaine tension politique pendant encore plusieurs semaines.
Gilles Liébus assure néanmoins vouloir respecter l’issue de la procédure. « Je respecterai la décision du tribunal, quelle qu’elle soit », conclut-il dans son communiqué. Reste désormais à savoir si la justice administrative considérera que les éléments avancés sont suffisamment sérieux pour remettre en cause le scrutin ou si les résultats des municipales 2026 seront définitivement validés.

















