Dans les Pyrénées-Orientales, l’Assurance Maladie a détecté et empêché 4,1 millions d’euros de fraudes en 2025. Contrôles renforcés, outils numériques, enquêtes ciblées : la CPAM intensifie sa lutte contre les fraudes sociales.
La lutte contre la fraude sociale continue de monter en puissance dans les Pyrénées-Orientales. En 2025, la caisse primaire d’assurance maladie du département a identifié et empêché 4,1 millions d’euros de préjudices financiers, un niveau qui confirme la progression des dispositifs de contrôle engagés depuis plusieurs années.
Cette performance s’inscrit dans une stratégie structurée autour de la prévention, de la détection et des sanctions, renforcée après la crise sanitaire. À l’échelle locale, 12 agents sont désormais spécifiquement mobilisés sur ces missions. En parallèle, les actions menées avant paiement ont permis d’éviter 1,5 million d’euros de versements indus en 2025, signe d’un basculement progressif vers une approche davantage préventive.
Des fraudes concentrées chez certains professionnels de santé
L’analyse des dossiers montre une répartition contrastée selon les profils concernés. Les assurés des Pyrénées-Orientales représentent 35% des dossiers traités, mais seulement 21,6% du préjudice financier, soit environ 878 000 euros. Les irrégularités constatées concernent principalement les indemnités liées aux arrêts de travail, les pensions ou encore certaines conditions d’ouverture de droits.
À l’inverse, les fraudes impliquant des professionnels de santé libéraux du département concentrent près de 70% des montants détectés, alors qu’elles représentent moins d’un quart des cas. Parmi les secteurs les plus exposés figurent les centres de santé (855 000 euros détectés), les pharmaciens (817 000 euros) ou encore les audioprothésistes (213 000 euros).
Le transport sanitaire constitue également un axe de contrôle majeur. En 2025, les investigations menées auprès des taxis conventionnés, ambulanciers et véhicules sanitaires légers ont permis de stopper plus de 481 000 euros de facturations irrégulières.
Numérisation, enquêtes et nouveaux outils de contrôle
Face à des schémas de fraude devenus plus structurés, l’Assurance Maladie mise désormais sur la sécurisation en amont. La généralisation du téléservice permettant la transmission directe et sécurisée pour les arrêts de travail (e-AAT), le déploiement du formulaire Cerfa sécurisé qui limite les falsifications manuelles ou encore l’essor de l’ordonnance numérique figurent parmi les principaux leviers utilisés.
En parallèle, les moyens d’investigation évoluent. Analyses de données, croisements automatisés, coopération avec les services de police et de gendarmerie ou encore intervention de nouveaux enquêteurs judiciaires spécialisés : la lutte contre la fraude sociale s’oriente désormais vers des contrôles plus rapides, plus ciblés et davantage coordonnés à l’échelle nationale.
En France, ces actions s’appuient désormais sur 1 700 agents spécialisés, ainsi que sur 60 enquêteurs judiciaires répartis dans les pôles interrégionaux d’enquête, chargés d’identifier plus rapidement les réseaux organisés et d’accélérer les procédures contentieuses.


















