Le Clae de la maternelle Fabre, dans le quartier des Carmes, est au cœur d’une vive tension entre les familles et la mairie. Le départ précipité d’un animateur apprécié depuis huit ans cristallise les inquiétudes.
C’est un départ qui ne passe pas. Olivier, animateur depuis huit ans du CLAE (centre de loisirs associé à l’école) de la maternelle Fabre à Toulouse, a été retiré de l’école de façon soudaine, affecté en urgence dans un autre établissement pour pallier une absence. Pas de préavis, pas d’au revoir : ni lui ni les familles n’ont eu le choix. « Il voulait au moins terminer son année auprès des enfants », témoigne un parent d’élève.
Une promesse que la mairie ne lui a pas laissée tenir. De fait, les familles ne décolèrent pas et une pétition circule depuis le départ de l’animateur. « Il est là depuis huit ans, il connaît les enfants, parfois la fratrie entière. Il a de vraies valeurs, il est très investi », explique-t-on du côté des parents. Deux ou trois familles signalent même des répercussions sur leurs enfants, plus agités qu’à l’ordinaire depuis l’événement.
Rencontre prévue ce 13 mai
Ce qui aggrave le sentiment d’abandon, c’est le silence de la mairie auprès des parents. Cinq courriels ont été adressés aux élus en charge de ces questions il y a quinze jours et aucune réponse à ce jour reçue de leur côté. « C’est un vrai problème de considération envers les familles », dénonce un parent délégué.
Une rencontre avec la direction est prévue ce mercredi 13 mai, qui devrait permettre un premier échange sur ce sujet. Au-delà du cas d’Olivier, les parents pointent un turn-over jugé préoccupant parmi les animateurs du CLAE et des interrogations sur la formation de certaines nouvelles recrues, dont l’encadrement de jeunes enfants de trois à six ans ne semblerait pas toujours adapté.
La mairie répond
Du côté de la municipalité de Toulouse, on assure que les taux réglementaires sont respectés : « À ce jour, l’équipe d’animation de l’école Fabre est composée d’un animateur à 10 h, un animateur à 16 h et un animateur à 35 h. Cela correspond aux besoins d’encadrement réglementaire (un adulte pour quatorze enfants). En cas d’absence, un redéploiement d’animateur peut être mis en place afin de répondre aux exigences réglementaires des taux d’encadrement », indique le Capitole.
Avant d’ajouter que « des ajustements peuvent intervenir dans l’organisation des équipes, notamment en lien avec des absences », et que « les situations individuelles sont systématiquement accompagnées dans un cadre professionnel ». Elle assure que des échanges ont été engagés avec l’équipe enseignante et les parents délégués. « S’agissant de la situation évoquée, un point a été fait avec l’animatrice concernée. Plus largement, les situations individuelles sont systématiquement accompagnées dans un cadre professionnel, dans une logique d’amélioration des pratiques. Ce sont ces critères qui permettent d’évaluer la manière de servir de l’agent et de se prononcer sur un renouvellement de contrat le cas échéant », assure la mairie. Et de conclure : « Notre priorité reste de garantir un accueil de qualité, sécurisé et adapté aux enfants de maternelle, tout en maintenant un dialogue avec les familles lorsque des préoccupations sont exprimées. Des échanges ont pu être engagés avec tous les acteurs (équipe enseignante, parents délégués), et les ajustements se mettent en place progressivement ».
Des mots qui, pour l’heure, ne suffisent pas à apaiser des familles qui réclament, avant tout, d’être entendues.

















