Le dénouement semble proche dans l’affaire de la tentative de meurtre de Maamar, criblé de balles rue des Martyrs en décembre 2025. Ce lundi 11 mai 2026, un suspect clé a été interpellé par les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). Si la victime est désormais hors de danger, les séquelles de ce déchaînement de violence sont irréversibles. Le point sur une enquête aux multiples rebondissements.
Une détonation, puis le silence lourd des quartiers sud de Toulouse. Au mois de décembre, le destin de Maamar a basculé sous une pluie de plomb. Aujourd’hui, le trentenaire représenté par Me Pierre Lebonjour respire à nouveau sans l’aide des machines, mais le constat médical est sans appel : il restera probablement infirme à vie. Suite à ce « flingage » en règle, le suspect principal vient d’être arrêté ce lundi 11 mai 2026. Le motif de cette tentative de meurtre reste encore à éclaircir devant les magistrats du palais de justice de Toulouse.
L’enquête, menée tambour battant, avait connu un premier tournant majeur dès le 23 décembre, deux jours après le drame. Acculé, le conducteur de la Renault Clio noire utilisée par le commando s’était présenté de lui-même au commissariat central. En garde à vue, l’homme avait livré une version singulière, tentant de minimiser son implication : « On m’a demandé d’aller à Bordelongue, je ne savais pas pourquoi », aurait-il assuré aux enquêteurs. Selon ses dires, son passager aurait ouvert le feu brusquement, avant de le contraindre à prendre la fuite sous la menace. Une défense qui n’a pas empêché sa mise en examen et son incarcération provisoire.
L’exil et le retour
Mais la pièce maîtresse du puzzle manquait encore à l’appel. Le tireur présumé, identifié par les spécialistes de la police technique, avait pris la poudre d’escampette, quittant précipitamment le territoire national après les faits. Un exil de courte durée. Ayant regagné la France récemment, il a été cueilli ce lundi par les policiers toulousains.
Défendu par Me Sarah Nabet-Claverie, ce suspect au profil déjà scruté par la justice nie tout malgré certaines preuves accablantes. Il doit être présenté ce mercredi à un juge d’instruction. Deux personnes sont déjà sous les verrous dans cette information judiciaire.
Des séquelles indélébiles
Du côté de la partie civile, ce doit être un soulagement de voir les suspects derrière les barreaux. « Mon client est sorti d’affaire, mais à quel prix ? », interrogeait Me Pierre Lebonjour quelques jours après la tentative d’exécution. Maamar, qui avait tenté de s’éloigner du trafic de stupéfiants ces derniers mois, porte désormais dans sa chair les stigmates d’une exécution ratée.
L’enquête s’attache désormais à confirmer le mobile. Si la piste d’un conflit lié au trafic de protoxyde d’azote au pied des immeubles de la rue des Martyrs a été longuement explorée, le profil des agresseurs pourrait révéler des zones d’ombre plus complexes. Entre règlements de comptes et contentieux personnels, les juges devront désormais trancher les responsabilités de chacun dans ce dossier qui a glacé le quartier Bordelongue.

















