Chargée par Olivier Faure de « la refonte du projet du PS » pour la présidentielle de 2027, Chloé Ridel veut, avec le texte qu’elle présente aux militants à Toulouse ce mercredi, proposer « une nouvelle doctrine » apte à remettre le PS en selle durablement, et d’abord face à son rival LFI.
Smic à 1 700 €, taxe Zucman, retraite à 62 ans, police de proximité… Autant de propositions du projet socialiste à la présidentielle dont l’eurodéputée et élue de Nîmes, Chloé Ridel, vient débattre avec les adhérents à Toulouse ce mercredi 27 mai. Avec l’ambition, grâce à ce texte, de redonner toute sa place au PS. Entretien.
Depuis le mandat Hollande, le PS est tiraillé entre plusieurs propositions politiques. Quelle est l’orientation générale définie par votre projet ?
C’est une radicalité dans la vision et l’ambition de ce qu’on veut construire et une méthode, celle de la démocratie, de la recherche de compromis. C’est ça l’offre du Parti socialiste à gauche. On tourne la page de certaines choses, notamment le social-libéralisme parce que le capitalisme est de plus en plus violent, avec plus de captation de la richesse, de dévastation du vivant et un recul de la démocratie. Ce que nous voulons construire, c’est la liberté réelle, la possibilité pour chaque individu de choisir sa vie et pour chaque peuple de vivre libre. Nous mettons l’accent sur la liberté parce que c’est une aspiration populaire et une promesse de la Révolution française qui n’est pas tenue. Quand on ne peut plus vivre dignement de son travail, trouver un logement, se déplacer parce que le prix du pétrole est trop cher, on ne se sent plus libre. Choisir sa vie devient un luxe. La liberté réelle ne doit jamais être séparée de l’égalité et de la fraternité. C’est notre réponse à la droite et à l’extrême droite qui n’ont que le mot liberté à la bouche mais qui mettent en place des politiques de dérégulation et de tout-marché qui aggravent les inégalités et produisent de la domination.
Où se situe le PS entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ?
Le PS se situe à gauche et il est différent car nous avons une méthode démocratique de refus de la violence, de recherche du compromis. Cela nous distingue de la gauche dite révolutionnaire de Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes une gauche de transformation. Pas d’incantation. Et nous nous distinguons évidemment aussi d’Emmanuel Macron et de ses proxys comme Gabriel Attal.
Seule la méthode vous distingue de LFI ?
Non. Sur l’Europe et le droit international, nous soutenons aussi bien les Ukrainiens que les Palestiniens et les Taïwanais. Alors que chez Jean-Luc Mélenchon, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est à géométrie variable. Il fait de plus des promesses qu’il ne pourra pas tenir avec plus de 200 milliards d’euros de nouvelles dépenses non financées. Nous, nous refusons de mentir. Nous avons des propositions fortes pour mettre chacun en sécurité contre les risques de la vie, ce qui inclut la sécurité sociale, la sécurité écologique…
Comment la gauche hors LFI peut-elle se faire entendre à nouveau ?
Avec un projet clair, ambitieux et une incarnation que nous cherchons toujours. Je suis favorable à une grande primaire de la gauche pour créer un sursaut populaire et démocratique opposé à la désignation verticale de Jean-Luc Mélenchon. C’est comme ça qu’on pourra faire renaître une offre ambitieuse sur la justice sociale, la situation écologique mais aussi démocratique et européenne.
Qui peut porter ce projet ?
Je souhaite qu’on se mette rapidement en ordre de marche. J’ai travaillé sur un projet pendant un an. Je pense que les militants sont contents de pouvoir se remettre à débattre du fond. Ce projet n’est pas juste pour l’élection présidentielle de 2027. Ça va être le projet du Parti socialiste qui va nous réidentifier sur le temps long, qui sera amendable, actualisable, mais qui est un texte fondateur pour notre parti.













