Les effectifs de Nîmes Métropole ont diminué durant la période allant de 2019 à 2024. Dans le même temps, la collectivité a fait le choix de confier une partie de ses missions à des entreprises privées.
Nîmes Métropole compte moins d’agents publics que les autres grandes agglomérations de même taille. C’est l’un des principaux constats de la chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie dans un rapport rendu public le 9 juin.
La communauté d’agglomération, qui regroupe 39 communes et 265 741 habitants, a fait le choix depuis plusieurs années de confier une partie importante de ses missions à des entreprises privées. Les transports, l’eau, l’aménagement ou encore la collecte des déchets sont gérés via des délégations de service public ou des marchés publics.
Il faut rappeler que les investissements dans les lignes de trambus et la rénovation de la gare de Nîmes-centre ont fortement endetté l’agglomération. Sous la surveillance de la préfecture, la collectivité a dû réduire ses dépenses pour retrouver une trajectoire financière soutenable.
Un taux d’administration inférieur à la moyenne
- La CRC constate que Nîmes Métropole affiche un taux d’administration de 1,7 équivalent temps plein pour 1 000 habitants. La moyenne des intercommunalités comparables est de 4,6.
- Cet écart s’explique en grande partie par le recours au privé. Si la collectivité comptait 439 agents (équivalents temps plein) dans ses effectifs propres en 2024, 829 emplois étaient assurés par des prestataires extérieurs.
- 439 agents, cela représente 12% de moins qu’en 2019. Cette baisse est principalement liée à l’externalisation du service de collecte des ordures ménagères.
Les mairies conservent plusieurs compétences
Plusieurs domaines importants continuent d’être gérés au niveau communal ou sont partagés entre la ville-centre et l’agglomération. La CRC cite notamment le tourisme, l’urbanisme, la voirie ou encore certains équipements culturels et sportifs.
Cette organisation entraîne des doublons et nécessite parfois la mobilisation d’agents de plusieurs collectivités sur les mêmes sujets, souligne le rapport. La chambre note que cette situation complique la coordination des politiques publiques et limite la mutualisation des moyens.
La chambre régionale des comptes souligne également que Nîmes Métropole n’a reçu aucune nouvelle compétence de la part des communes entre 2019 et 2024. Étant donné que l’agglomération exerce moins de compétences, elle a besoin de moins d’agents.
Une stratégie assumée par l’ancienne majorité
La CRC remarque que la situation financière de Nîmes Métropole s’est améliorée sur la période contrôlée. Les dépenses de personnel représentaient 14,8% des charges de gestion en 2024, contre une moyenne de 38% dans les collectivités comparables.
Dans sa réponse au rapport, l’ancien président de l’agglomération, Franck Proust, estime que « la baisse des effectifs a permis de contenir les charges de personnel » tout en maintenant la qualité du service public.
La chambre recommande désormais de réfléchir à un élargissement des compétences de l’agglomération et à une plus forte mutualisation des services entre Nîmes Métropole et les communes membres afin d’optimiser l’organisation du bloc communal.
Ce bilan de gestion (et ses recommandations) atterrit sur le bureau du nouveau président de la collectivité. L’élu communiste Vincent Bouget a pris la tête de la ville et de l’agglomération au printemps 2026, brisant plus de 20 ans de gouvernance de droite.












