Un étudiant en architecture à Toulouse a dû quitter son appartement du quartier Saint-Cyprien après un arrêté de mise en péril lié à des désordres structurels. Ses parents, vivant près de Pau, supportent les coûts des allers-retours. Le jeune attend de récupérer ses affaires essentielles pour ses études. On vous raconte.
En quelques heures, le quotidien de Léo*, étudiant de 20 ans en architecture à Toulouse, a basculé. La semaine dernière, il a appris qu’il ne pourrait plus remettre les pieds dans son appartement, situé dans le quartier Saint-Cyprien. En cause : un arrêté de mise en péril, décidé après la découverte de graves désordres structurels dans l’immeuble où il réside depuis deux ans. Un choc pour le jeune. « Pour moi, tout était normal, je ne me suis rendu compte de rien… » avoue-t-il
À la mi-juillet, une inspection est menée dans son bâtiment. « Pendant un an, plusieurs sinistres se sont enchaînés dans des logements voisins du mien, à cause d’une fuite. Différents experts sont donc venus faire des visites. Quand celle-ci a été annoncée, je me suis simplement dit que c’était la suite logique. Je ne me suis pas du tout inquiété », relate-t-il.
« Ça aurait pu être terrible… »
Mais l’inspection a pris une tout autre tournure. « L’appartement situé en dessous de celui de Léo, inoccupé, a été ouvert : les poutres étaient complètement pourries et le plafond menaçait de s’effondrer, se rappelle Corinne, sa mère, présente à ce moment-là. On a découvert que le plancher de notre fils ne reposait quasiment plus sur rien. »
Pour ses parents, qui vivent près de Pau, le désarroi est total. « Quand on loue un logement pour son enfant, on regarde son état. On ne pense pas qu’il faudrait également vérifier celui du dessous, souffle-t-elle. Je me suis rappelé qu’il avait déjà organisé des soirées, invitant plus de 30 personnes. Si ça s’était effondré, ça aurait pu être terrible… »
Des affaires toujours sur place
Face à cet état des lieux, un arrêté de mise en péril a donc été pris. Les habitants ont dû quitter les lieux. Dans ce genre de situation, les locataires n’ont plus à verser de loyer à leurs propriétaires. Et ces derniers doivent prendre en charge leur relogement. Après plusieurs visites, un nouvel appartement a été trouvé pour Léo, dans lequel il devrait pouvoir emménager à la fin de l’été.
Un problème majeur persiste toutefois : il a dû laisser toutes ses affaires à l’intérieur. « À l’heure actuelle, ce n’est pas possible de rentrer. Mon badge a même été désactivé. J’ai l’essentiel avec moi, mais pour mes études, j’ai de nombreux outils indispensables », indique Léo. Son immeuble devrait être sécurisé dans les prochains jours, afin de permettre aux résidents de récupérer leurs effets personnels sans danger.
Des dépenses majeures
En attendant, il est rentré chez ses parents pour l’été. « Heureusement que j’ai cette possibilité et que ça tombe pendant les vacances », confie-t-il. Mais au-delà des démarches administratives, cette situation a aussi un coût. « Son père et moi sommes tous les deux fonctionnaires de catégorie C, précise Corinne. Nous n’avons pas énormément de moyens et faisons des sacrifices pour financer ses études et son loyer. Là, ça nous a obligés à faire plus d’allers-retours entre Pau et Toulouse. Avec l’essence et les péages, tout cela nous a mis dans le rouge. »
Malgré les difficultés, elle estime que ces procédures restent indispensables. « Si cet arrêté permet d’éviter un drame, il est nécessaire. La sécurité des habitants doit passer avant tout », appuie-t-elle. La famille s’est rapprochée des services municipaux et de l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL) pour obtenir de l’aide et des informations sur leurs droits.












