Le tribunal de commerce de Toulouse s’est penché ce mardi 8 septembre sur l’avenir de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. Le parquet a demandé trois mois de poursuite d’activité, financés par l’État et la Région pour permettre aux candidats à la reprise de finaliser leur offre.
Un peu plus de temps pour tenter de sauver l’usine. Le ministère public s’est prononcé, ce mardi 8 septembre, en faveur d’une poursuite de l’activité pendant trois mois supplémentaires pour Fibre Excellence, lors de l’audience qui s’est tenue à huis clos devant le tribunal de commerce de Toulouse.
Cette demande va dans le sens des salariés de l’usine de Saint-Gaudens, qui souhaitent eux aussi maintenir la production le temps qu’une solution de reprise puisse être finalisée. À l’issue de l’audience, les représentants des syndicats, de l’Union départementale CGT et de la Région Occitanie ont indiqué que toutes les parties étaient favorables à cette prolongation temporaire.
Le dossier n’est donc pas encore définitivement tranché, mais une perspective se dessine pour le site haut-garonnais. Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, l’activité pourrait se poursuivre jusqu’au mois de décembre. Un délai particulièrement important alors que plusieurs industriels travaillent encore à la mise au point d’un projet de reprise.
Trois mois pour faire aboutir le projet industriel
L’enjeu de cette nouvelle période est désormais clairement identifié : permettre aux candidats à la reprise de finaliser leur offre sans que l’activité de l’usine ne soit interrompue entre-temps. Saint-Gaudens est aujourd’hui le dernier site de production de pâte à papier de Fibre Excellence en France, après la liquidation de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, fin juillet.
Depuis plusieurs semaines, la Région Occitanie travaille à une solution avec l’Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS) et des partenaires industriels. Une offre avait notamment été déposée le 24 août. Le groupe alsacien Soprema figure parmi les industriels impliqués dans les discussions.
Le projet a toutefois évolué depuis. Un industriel portugais spécialisé dans le secteur de la pâte à papier et des produits d’hygiène s’est également positionné autour du dossier. Son arrivée apporte un nouvel élément aux négociations, alors que les porteurs du projet cherchent encore à arrêter précisément le montage industriel et financier.
C’est justement ce travail qui nécessite du temps. Les candidats doivent encore consolider leur plan d’affaires, préciser leurs engagements et réunir les financements nécessaires à la relance du site. Le projet actuellement étudié représente environ 90 millions d’euros et ne repose pas uniquement sur le redémarrage de la production de pâte à papier. Une diversification des activités est également envisagée à Saint-Gaudens.
Pour permettre à l’usine de fonctionner pendant cette phase de transition, les pouvoirs publics ont parallèlement prévu des moyens financiers. La Région a voté lundi une enveloppe de 13 millions d’euros consacrée au dossier. Sur cette somme, 3,5 millions d’euros doivent être affectés à la poursuite de l’activité entre octobre et le début du mois de décembre. L’État prévoit de son côté jusqu’à 2 millions d’euros pour le mois de septembre. Ces sommes doivent permettre de financer les dépenses courantes et de conserver l’outil industriel opérationnel pendant les négociations.
Le 30 septembre, date décisive
Si l’audience de ce mardi ouvre une nouvelle fenêtre pour Fibre Excellence, elle ne règle donc pas la question de l’avenir de l’usine. Le gouvernement a déjà fixé son propre calendrier. Il a refusé la demande de nationalisation temporaire formulée la semaine dernière par Carole Delga, pour financer les trois à quatre mois nécessaires aux candidats pour structurer leur offre.
L’État accepte en revanche de participer au financement de la prolongation de l’activité, mais demande désormais des garanties précises. Les porteurs du projet doivent notamment être capables de démontrer qu’ils disposent des fonds nécessaires, d’indiquer combien d’emplois seraient maintenus et de présenter un calendrier pour la remise en route de la production. Une échéance a été fixée au 30 septembre. À cette date, les candidats à la reprise devront donc avoir suffisamment avancé pour permettre au gouvernement d’évaluer la solidité de leur proposition.
Le tribunal de commerce de Toulouse doit, lui, rendre sa décision le 15 septembre, quant à l’octroi du délai supplémentaire pour finaliser l’offre. D’ici là, l’usine de Saint-Gaudens est encore dans l’expectative. Pour les salariés, cette semaine supplémentaire ne change pas encore leur situation, mais les réquisitions du ministère public et le soutien affiché par les différentes parties offrent une perspective plus favorable à court terme.
Reste désormais à savoir si les juges suivront cet avis. En cas de réponse positive, les repreneurs disposeront de trois mois pour transformer les discussions engagées ces dernières semaines en un projet industriel suffisamment solide pour assurer l’avenir du dernier producteur français de pâte à papier.
















