« La famille Sandler est atterrée. » Ariel Goldmann, avocat de la famille Sandler, dont trois enfants ont été tués dans l’attentat de l’école juive Ozar Hatorah, à Toulouse (Haute-Garonne), le 19 mars 2012, a appris cette semaine que le frère du tueur Mohamed Merah, Abdelkader Merah, avait écrit à la justice pour demander une réduction de sa peine de sûreté, fixée aux deux tiers de sa peine de 30 ans de réclusion criminelle.
Sa requête a été déposée en août 2024, mais les avocats n’ont été notifiés que récemment, a appris Le Parisien, confirmant une information de BFMTV. « On peut faire des observations pendant 15 jours et assister à la future audience qui n’est pas encore fixée », précise l’avocat de Samuel Sandler, père de Jonathan, et grand-père d’Arié et Gabriel, tous trois tués dans l’attentat de l’école juive.
Le frère de Mohamed Merah a été définitivement condamné en avril 2020, à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d’une peine de sûreté de 20 ans (période durant laquelle la peine est non aménageable) pour « complicité d’attentat terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ». La justice lui reproche notamment d’avoir aidé son frère à voler le scooter utilisé dans le cadre des attentats de Toulouse et Montauban.
« Sa libération constituerait un précédent dangereux »
En détention depuis 2012, Abdelkader Merah a déjà effectué plus de la moitié de sa peine de sûreté, ce qui a pu le motiver à faire sa demande. Mais pour l’avocat des parties civiles, « y faire droit reviendrait à vider de sa substance la période de sûreté ». Le conseil de la famille Sandler estime que « ça ne doit pas aboutir vu l’état du terrorisme en Europe actuellement, vu le nombre de familles de victimes encore en vie et très marquées par cet événement, et vu l’émotion nationale que cet attentat a créé dans le pays. Sa libération constituerait un précédent dangereux par rapport à aux autres personnes condamnées pour terrorisme, notamment dans le cadre des attentats du Bataclan et de Nice ».
« Je ne peux qu’être hostile à cette requête. Pour être relevé d’une peine de sureté, il faudrait justifier d’éléments exceptionnels par rapport à la décision de la cour d’assises, ce qui n’est pas le cas d’Abdelkader Merah », a pour sa part réagi Me Francis Szpiner, avocat de Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad Ibn Ziaten, première des sept victimes de Mohammed Merah.
Si aucune date n’a été fixée pour Abdelkader Merah, une audience à huit clos devrait se tenir « entre la rentrée et le dernier trimestre 2026 », estime Me Ariel Goldmann. Son confrère, Olivier Morice, avocat de la famille de Mohamed Legouad, un des deux militaires tués à Montauban, confirme au Parisien avoir été prévenu mais n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat.










