Les gendarmes ont joué les clients pour interpeller l’animateur d’une boucle Telegram spécialisée dans la drogue, entre Gers et Comminges, au sud de Toulouse. Avec au bout, des arrestations surprises et des condamnations devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens.
Il y a longtemps que les produits stupéfiants se vendent aussi bien à la campagne que dans les villes étudiantes, ou pas. Et les gendarmes n’ont pas eu de surprise quand ils ont repéré une boucle, une messagerie sur Telegram, qui proposait de nombreux produits interdits loin de Toulouse.
Les premières vérifications menées par les enquêteurs de la section recherches de Toulouse ont montré que le vendeur activait ses clients depuis le sud du Gers. Pas de la ville, plutôt à la campagne comme les clients amateurs de produits stupéfiants. Avec l’accord des autorités judiciaires, les militaires ont décidé de jouer les clients. Ce « coup d’achat » s’est rapidement transformé en rendez-vous.
Large catalogue de produits interdits
Mi-février, autour du parking municipal d’Estancarbon, il y avait certes du passage mais aussi beaucoup de militaires attentifs. Les gendarmes de la compagnie de Saint-Gaudens, et les enquêteurs de la SR, attendaient la livraison. La suite les a un peu surpris.
« On a vu arriver une voiture. Au volant, un homme la cinquantaine. À ses côtés un jeune homme et, à l’arrière, une femme, propriétaire du véhicule », glisse une source proche du dossier. Le petit dernier de la fratrie, 20 ans, jouait les dealers et activait ses clients via son réseau « pour gagner un peu d’argent et me payer une formation », a-t-il expliqué. Son catalogue proposait les classiques, cocaïne et cannabis, herbe ou résine, mais également des amphétamines, du protoxyde d’azote et… même des cartouches de cigarettes.
Lors d’une perquisition, les enquêteurs ont découvert dans la chambre de ce dealer des campagnes, 3 000 euros en liquide, des pieds de cannabis, 30 g de cocaïne, 60 g de résine et 288 g d’herbe de cannabis. Il a admis se livrer à ce trafic depuis plusieurs semaines. Son père, 50 ans, a reconnu jouer les agents de sécurité après avoir tenté d’expliquer qu’il n’était au courant de rien !
Le jeune vendeur en prison
Quant à la propriétaire de la voiture, une voisine de 60 ans, elle « rendait service » au vendeur, sans permis. Après de sérieux soucis de maladie, elle a reconnu avoir assuré plusieurs déplacements pour faire tourner le business, des livraisons mais aussi les ravitaillements, à Toulouse. « Ces gens ne se rendent pas compte de leur implication dans un trafic interdit. Pour eux, ce n’est pas grand-chose. Ils banalisent totalement la vente de drogue », constate, amer, la vice-procureure de Saint-Gaudens, Anne Oge.
Devant le tribunal correctionnel, elle a requis des peines qu’elle-même qualifie de « sévères ». Et les juges ont suivi. Le fils a été placé en détention pour un an ferme, plus une année avec sursis probatoire. « Cela ne lui semblait pas très grave tout ça. Il a évoqué quelques clients, principalement autour de Saint-Gaudens et des petites quantités de stupéfiants ce qui n’excuse rien », prévient la magistrate. Le père écope de huit mois de prison sans mandat de dépôt t qu’il devra « aménager ». Enfin la voisine « qui voulait s’occuper », écope de six mois de prison avec sursis. Pas d’amende. « Pas d’argent », prévient la représentante du parquet. Les produits saisis, et les 3 000 euros ont été confisqués.























