Malgré des travaux de rénovation en 2020 et l’accueil de nouvelles boutiques au centre commercial des Boutiques Saint-Georges, à Toulouse, une partie des galeries reste vide. Une situation que les commerçants déplorent dans ce lieu né à la fin des années 1970. Récit.
À son ouverture en 1978, le projet se veut moderne, pratique et agréable pour les habitants de Saint-Georges, à Toulouse. Coincé entre un parking souterrain de 900 stationnements et la nouvelle place Occitane, inaugurée en 1976, l’Espace Saint-Georges est le centre commercial convoité des Toulousains. Ce nouveau quartier naît de l’impulsion de Pierre Baudis, à la tête du Capitole de 1971 à 1983. L’idée est alors de remplacer les rues et bâtiments insalubres par une dalle piétonne surélevée de 10 000 m², le tout entouré d’immeubles en brique rouge pour se fondre dans le décor.
Déclin du quartier
Presque cinquante ans après l’ouverture des galeries, Françoise se remémore l’âge d’or de l’ancien poumon commercial de la Ville rose : « J’habite depuis 40 ans dans le quartier et à ses débuts, les allées étaient pleines de commerces avec du monde qui s’y promenait ». Une époque désormais révolue. À quelques pas du passage marchand, au bout de la promenade des Capitouls : un local et des rideaux fermés. En 1980, la Fnac s’y installe, avant de changer d’adresse en 1992. Véritable enseigne locomotive, ce déménagement entraîne le lent déclin du quartier, en impactant la fréquentation de la galerie Saint-Georges. Tati reprend les rênes de ces locaux, mais l’enseigne attire moins que son prédécesseur. En 2019, c’est au tour de Gifi d’occuper les lieux. L’aventure s’arrête le 31 décembre 2025, avec la fermeture du magasin.
Un peu plus de passage
Si Françoise avait l’habitude de se promener et de faire du shopping dans la zone commerciale, elle confie « que depuis les années 2000, il n’y a que des hauts et des bas, tout est un peu déserté ». Elle s’y rend donc uniquement pour faire ses courses à l’Intermarché. Pourtant, l’Espace Saint-Georges a connu un relooking pour relancer la machine. Désormais nommé Boutiques Saint-Georges, le centre a été entièrement rénové en 2020. Avec l’arrivée de New Yorker, Mango et plus récemment Normal, ces nouvelles boutiques redynamisent-elles l’espace ? Pour cette gérante d’un magasin indépendant : « Il y a un peu plus de passage qu’avant mais ce n’est pas pour autant que les passants poussent la porte de mon magasin ».

Boutiques locomotives
Ce lundi après-midi, les clients ne se bousculent pas dans les couloirs. La musique qui sort des enceintes suffit à peine à combler le silence ambiant et dans la partie centrale, des panneaux d’illustrations de boutique sont installés pour masquer les emplacements déserts. Pour Maiwenn de la Tour, manageuse au magasin Normal, « les week-ends il y a une bonne fréquentation avec une clientèle plutôt jeune, mais le reste du temps, cela varie beaucoup. On reste une boutique Normal, donc notre activité économique est relativement bonne par rapport aux autres magasins ». Selon une responsable de magasin de décoration, « New Yorker et Normal sont de bonnes locomotives et le parking souterrain ramène un passage régulier ». Pour elle, « le centre commercial est confronté au fait qu’il y ait la rue Alsace-Lorraine à proximité. C’est difficile de convaincre une enseigne importante de s’implanter ici ».
Baisse du chiffre d’affaires
Ces variations de fréquentation impactent les affaires des boutiques. La responsable du magasin indépendant s’accorde à dire que « lors des réunions entre commerçants, on se rend compte que tout le monde subit une perte de chiffre d’affaires ». Pour faire face à cette situation, le gestionnaire du centre commercial organise des animations et événements, dans l’espoir de faire naître un regain d’intérêt pour le site. Sollicitée, l’entreprise n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions.

















