Ce n’est pas qu’un impression, depuis le début de l’année et tout particulièrement depuis le printemps, les faits de violences avec arme à feu ou arme blanche se sont multipliés dans les quartiers sensibles de Toulouse : le Mirail, les Izards ou Empalot. Le procureur de la République s’en alarme.
Bellefontaine, Bagatelle, les Izards, Empalot. Quatre quartiers, touchés par le trafic de stupéfiants, qui connaissent depuis le début de l’année une recrudescence de l’usage des armes, de tirs, de nuit comme de jour. Cinq règlements de compte comptabilisés entre le 1er janvier et le 31 mars, assassinat ou tentative d’assassinat, c’est autant que Marseille sur cette période. Et quand la comparaison avec la deuxième ville de France, prononcée par le procureur de la République lui-même, ce n’est pas bon signe.
Une dégradation après une embellie
« Les Izards n’étaient plus concernés par ces faits de violence depuis quelques années« , note David Charmatz, le procureur de la République de Toulouse. Le 2 mai dernier, un Algérien de 22 ans a été tué dans la cité du nord de la ville rose, celle où le terroriste Mohamed Merah a grandi. Ce jeune homme était un trafiquant de drogue, tout comme le suspect récemment mis en examen.
En janvier à Bagatelle, c’est aussi un jeune Algérien sans papier qui a été tué. « Dans ces quartiers, il y avait eu du progrès dans la lutte contre le trafic de drogue. Mais les points de deal sont endémiques. Et qui dit trafic de stupéfiants dit usage d’armes de guerre. Et on se questionne effectivement sur l’utilisation de guetteurs étrangers clandestins désormais, victimes de ces tirs, plutôt que de jeunes adolescents du quartier« , développe-t-il. Le nombre de points de deal avait pourtant été divisé par deux en deux ans, selon la police toulousaine qui en a compté jusqu’à 70 à Toulouse il y a quelques années.
Cinq fois plus de réglements de compte par rapport à l’année dernière
Sur les six règlements de compte recensés depuis début 2026, deux ont été élucidés avec des mises en examen. « C’est un taux d’élucidation excellent« , se réjouit le Procureur. « Dans l’affaire des Izards, les services de police ont bien collaboré, c’est ce qui a permis l’interpellation de l’auteur du tir mortel » appuie la directrice interdépartementale adjointe de la police nationale 31, Marion Audigier.
Six règlements de compte en cinq mois, c’est cinq fois plus que sur la même période en 2025. « Nous adaptons la présence policière dans ces quartiers, nous nous réorganisons pour dissuader les dealers, recueillir du renseignement et rassurer la population. Parfois nous sommes très visibles, parfois nous sommes discrets« , rajoute la numéro deux de la police toulousaine qui a fait appel récemment à des effectifs CRS de la compagnie 84 de Montauban.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














