Au sud-est de Toulouse, dans le quartier de Montaudran, la ZAC Toulouse Aerospace poursuit sa mue. Entre nouvelles résidences, immeubles de grande hauteur, futurs logements et commerces qui tentent de s’installer durablement, le quartier attire investisseurs et restaurateurs. Mais derrière les grues et les promesses d’avenir, de nombreuses cellules commerciales restent encore désespérément vides.
Sous les façades neuves et les trottoirs encore très minéraux de Toulouse Aerospace, les ouvriers s’activent. À quelques mètres du bâtiment B612 et de la Halle de La Machine, les engins poursuivent leur ballet quotidien.

Au nord de la ZAC, la future résidence inclusive Azellia, portée par le Groupe des Chalets, doit être livrée en 2027. Plus au sud, la silhouette de la tour Altiplano, un immeuble de grande hauteur culminant à 65 mètres, commence déjà à redessiner le paysage.

Dans ce quartier encore jeune, plusieurs îlots viennent aussi d’être attribués pour près de 300 logements supplémentaires, dont une large part en accession sociale à la propriété.
D’ici la fin 2026, les travaux de la future passerelle piétons-cycles au-dessus du périphérique doivent également débuter. Elle reliera directement la zone aux campus du Creps, de l’Enac et de l’Isae-Supaéro.
En attendant, les commerçants avancent eux aussi à coups de paris.

Dans un ancien bar entièrement transformé après quatre mois de travaux, Farid Benchenna prépare l’ouverture, d’ici une quinzaine de jours, de son restaurant Big Smash. Dix salariés doivent être embauchés. « Avant, ici, c’était vraiment mort. Maintenant, ça démarre », souffle le franchisé, au milieu des cartons encore empilés.

Pour lui, le choix du quartier n’a rien d’un hasard. « Ce qui m’a donné envie d’investir ici, c’est le devenir, pas le présent. La mairie a misé gros sur cette zone. Il y a la ligne de métro, les événements, La Machine, les futurs logements… Tout ça va nous bénéficier », assure-t-il.
Une vie de quartier encore fragile
Autour de lui, les enseignes se multiplient : Auchan, Fitness Park, Les Frères Chapelier, Di Capo, Pitaya, le Bistro Régent ou encore le restaurant de La Machine attirent déjà salariés, habitants et visiteurs.

Mais derrière cette vitrine dynamique, la réalité reste contrastée.
« Ce n’est pas catastrophique, mais ce n’est pas euphorique non plus », résume Christian Carles, patron du restaurant Di Capo, ouvert il y a 5 ans. « Ce qui fait venir du monde, c’est surtout La Machine. Sans ça, ce serait beaucoup plus compliqué. »

Le restaurateur pointe surtout le grand nombre de locaux encore vacants. « Il y a énormément de cellules vides. Vous regardez tout le long de la rue : beaucoup de vitrines ne sont pas occupées. »

Le quartier continue pourtant d’attirer entreprises et salariés, notamment autour des groupes GA, Siemens ou Mercator. Et avec l’arrivée programmée de centaines de nouveaux habitants, des étudiants et, à terme, de la ligne C du métro, Toulouse Aerospace espère désormais transformer l’essai.













