Déjà 30 ans que Ziva, une ourse slovène, a été réintroduite dans les Pyrénées. Un anniversaire qui marque, d’autant plus que depuis 1996, la situation a bien changé dans la chaîne de montagne.
Elle était attendue comme le Messie. Le 19 mai 1996, la première ourse, baptisée Ziva, est introduite en Occitanie, depuis Melles, en Haute-Garonne. Dans la foulée, quatre autres de ses congénères l’ont rejoint. « Il ne restait plus que cinq ours dans les Pyrénées. Nous étions à deux doigts de voir l’espèce totalement disparaître », analyse, 30 ans plus tard, Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’Ours – Adet.
La consanguinité, un frein à la sauvegarde
Résultat : aujourd’hui, les plantigrades maintiennent naturellement leur lignée dans les Pyrénées. Alors qu’ils n’étaient que cinq en 1996, ils seraient aujourd’hui plus de 120 à vivre dans la chaîne de montagne. « Nous avons réussi à sauver l’espèce », assure Alain Reynes, « 30 ans après, le bilan est donc très positif. »
La sauvegarde des ours reste toutefois fragile encore aujourd’hui. Derrière cette présence importante, se cache un problème de consanguinité. « Plus de 90% des ours qui se trouvent dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle », alerte le directeur de l’association Pays de l’Ours – Adet. « Nous ne sommes donc pas arrivés au bout du travail pour pérenniser l’espèce. »
Les ours condamnés ?
Car, si cette situation perdure, « nous risquons de totalement perdre la diversité génétique », poursuit-il. « Les ours consanguins sont beaucoup moins résistants. Ils ont du mal à s’adapter aux aléas qu’ils peuvent rencontrer. S’ils viennent à être touchés par une épidémie, ils ne pourront pas s’adapter et cela sera une grande perte. »
L’association Pays de l’Ours – Adet réclament notamment que de nouveaux ours soient lâchés dans les Pyrénées. « C’est nécessaire pour fiabiliser la population », soutient Alain Reynes. « Si nous voulons maintenir le cap, nous ne devons pas prendre de risque et introduire de nouveaux spécimen pour diversifier leur patrimoine génétique. Déjà, en 1996, les scientifiques alertaient sur le trop faible nombre d’ours lâchés dans le massif. Il faudrait maintenant les écouter pour ne pas gâcher 30 ans de travail et d’investissement », conclut-il.
Thibault De Surville



















