Elle s’appelle Auda Isarn, du nom d’un personnage d’un roman de Marc Augier, connu sous le nom d’écrivain Saint-Loup, ancien collabo et Waffen-SS. Depuis 2002, cette maison d’édition opère à Toulouse (Haute-Garonne) et republie des auteurs collaborationnistes et des ouvrages en lien avec le IIIe Reich ou la mouvance néonazie. Bien que confidentielle, elle « propose un catalogue, où les références au national‐socialisme sont nombreuses », indique l’article de Mediacités Toulouse qui a révélé l’information.
Si l’existence d’une telle maison d’édition pose en soi question, nos confrères vont plus loin et précisent qu’Auda Isarn est dirigée par Pierre Gillieth, de son vrai nom Bertrand Le Digabel, par ailleurs bibliothécaire de la ville de Toulouse… mais aussi écrivain. Son livre était d’ailleurs disponible dans certaines bibliothèques de la Ville rose, ainsi que d’autres titres de la maison d’édition toulousaine, dont on peut avoir un aperçu du catalogue via le site de la revue radicale d’extrême droite « Réfléchir et agir ». On y trouve par exemple « La peinture allemande sous le IIIe Reich », « Sur la piste de Josef Mengele » ou la BD italienne des années 1970 « HeSSa », qui narre les aventures d’un commando SS composé de jeunes femmes sexualisées.
Ces informations ont fait réagir la mairie de Toulouse, qui « a pris connaissance de cette situation par voie de presse et a découvert incidemment la présence de ces ouvrages parmi les plus de 2 millions de références… », puis a tout simplement décidé de les retirer des rayonnages. « En dépit de leur caractère grand public et parfaitement légal (œuvres de science-fiction et polars), la mairie de Toulouse a décidé de les retirer de ses collections afin de ne pas donner de visibilité à cette maison d’édition dont elle réfute toutes les valeurs. »
Quelques exemplaires conservés
Une limite légale s’impose tout de même. « Seuls les exemplaires qui ne relèvent pas du dépôt légal (ceux-ci sont inaliénables du fait de la fonction régalienne assurée par Toulouse au nom de l’État) pourront être retirés », précise la municipalité.
Il y aurait, selon la collectivité, treize exemplaires recensés dans les collections, « essentiellement entrés au titre du dépôt légal imprimeur avant 2020 ; neuf l’ont été par acquisition au titre du fonds régional ou de l’intérêt local dans les bibliothèques de prêt ». « Aucun de ces ouvrages ne traite de sujet sensible, politique ou litigieux. Ce sont des polars ou des ouvrages de science-fiction », nuance la mairie de Toulouse.
Elle confirme par ailleurs que l’éditeur est un agent municipal, mais assure qu’il « ne s’est jamais fait connaître à son employeur sous son nom d’emprunt » et que « sa situation est actuellement examinée sur le plan déontologique ».











