Un homme muni d’un pistolet a braqué jeudi, en début d’après-midi, un Carrefour Express de Toulouse avant de prendre la fuite avec le contenu des caisses. Aucun blessé n’est à déplorer. Mais après plusieurs attaques récentes visant des supérettes Carrefour, les enquêteurs cherchent à savoir si ces braquages peuvent être liés.
L’après-midi s’enfonce doucement, ce vendredi, dans cette supérette de l’avenue Paul-Crampel à Toulouse. Quelques clients posent leurs articles sur le tapis de caisse du Carrefour Express. Derrière le comptoir, Killian sert le même sourire à chaque nouveau visage. La veille, l’employé aux cheveux longs et aux lunettes rondes a tout fait pour le conserver devant l’homme armé qui lui réclamait le contenu de la caisse.
Cet homme de 26 ans travaille ici depuis bientôt un an. Il parle calmement, comme si la scène, pourtant très nette, avait encore du mal à trouver sa place dans le réel. « Je vais bien. Ça surprend », dit-il. Jeudi, vers 14 heures, un individu est entré dans le commerce. Chemise claire, pantalon bleu, claquettes aux pieds. Une de ses mains étrangle un sac plastique vert. Son visage est dissimulé par une cagoule.

L’homme se dirige vers la caisse. Il ne crie pas. Ne bouscule personne. Sa menace est plus froide. « Il était très calme. Il s’est placé devant la caisse et il a sorti une arme », raconte Killian. Derrière le comptoir, l’un de ses collègues reste figé. « Il était paralysé. Terrorisé. C’était son deuxième jour. Je me suis mis face au braqueur. »
Le malfrat exige l’argent. Dans la première caisse, l’employé trouve environ 150 euros, en billets et en pièces de deux euros. Même chose dans la seconde. « J’étais un peu en panique, mais je savais que ce n’était que de l’argent. C’est l’argent de mon patron, il est assuré. Il n’y a pas eu de blessé », poursuit Killian. En deux ou trois minutes, l’homme se fait remettre le contenu des caisses. Il range son butin et repart en courant.
Un lien avec les autres braquages ?
Une autre salariée, présente au moment des faits, raconte avoir mis plusieurs secondes à comprendre. La scène se déroulait sous ses yeux, mais son cerveau semblait refuser l’évidence. « Je n’y croyais pas. Je n’ai compris qu’après, quand il est parti. J’étais là pourtant », confie-t-elle encore sonnée. Le commerce dispose de caméras de vidéosurveillance sur lesquelles l’individu apparaît. L’enquête a été confiée à la direction de la criminalité territoriale (DCT). Une plainte doit être déposée ce samedi.
Dans ce magasin, le choc n’est pas tout à fait inédit. « Le commerce a déjà connu d’autres braquages », indique Killian. Ce nouvel épisode intervient dans un contexte plus large de vols à main armée visant, ces dernières semaines, plusieurs supérettes Carrefour à Toulouse. Le 29 mai, vers 19 heures, un homme au visage masqué, armé d’un couteau de cuisine, avait attaqué un Carrefour City du quartier Croix-de-Pierre. Le préjudice avait été évalué à une centaine d’euros.
Fin mars, un autre Carrefour City, avenue du Stadium, à Empalot, avait également été pris pour cible. Un samedi soir, vers 21 h 30, un homme encagoulé et porteur d’une arme de poing avait fait irruption dans la supérette, en présence d’employés et de clients. Il avait exigé la caisse avant de disparaître avec quelques centaines d’euros.
À ce stade, aucun lien formel n’a été établi entre ces différents braquages. Mais l’hypothèse reste sur la table. Faits isolés ou même mode opératoire : les enquêteurs devront trancher.













