Quatre ans après son lancement pour lutter contre les déserts médicaux en Occitanie, le dispositif “Ma santé, Ma Région” revendique des résultats concrets. Avec 27 centres de santé ouverts et 133 professionnels recrutés, la Région affirme avoir permis à 38 854 habitants de retrouver un médecin traitant.
Quatre ans après sa mise en œuvre, l’heure est au bilan. En juin 2022, la Région Occitanie annonçait le lancement de son service public régional de médecine pour « faciliter l’accès aux soins de la population ». Le principe : salarier des médecins au sein de centres de santé « afin de répondre à la demande première de nos concitoyens », indique Carole Delga, la présidente de la Région, avant d’ajouter : « La loi ne nous l’interdisant pas ». La santé ne fait effectivement pas partie des compétences de la collectivité. Mais Carole Delga avait décidé d’en faire une priorité lors de sa réélection en 2021.
Une structure partenariale appelée “Ma santé, Ma Région” a ainsi été mise sur pied. Elle compte actuellement 46 membres, dont des conseils départementaux qui facilitent l’implantation des centres de santé sur leur territoire, des communes et intercommunalités qui mettent notamment à disposition des locaux et concourent à l’installation des médecins et de leurs familles, mais aussi les deux universités de médecine de la région, les associations d’internes, l’ordre régional des médecins et l’ordre interrégional des sages-femmes qui mettent à disposition leurs réseaux et expertises.
27 centres de santé ouverts par la Région Occitanie
Initiative qui a conduit à l’ouverture de 26 centres de santé depuis. Un 27e a ouvert ses portes à Saint-Gaudens ce mercredi 24 juin. Quatre autres sont attendus cette année. Pour rappel, le premier avait vu le jour en juillet 2022 à Sainte-Croix-Volvestre en Ariège. « Le médecin historique, si je puis dire, était parti à la retraite et n’avait pas réussi à trouver de remplaçant. Cette zone très rurale et assez enclavée se retrouvait alors sans médecin à proximité », rapporte la présidente de la Région. Là, c’est désormais le docteur Beranger Irondelle qui exerce. Embauché par la collectivité, il dispose donc d’un statut de salarié, d’un contrat de travail de 35 heures et y a trouvé « un vrai confort », notamment « par la potentialisation du temps médical ».
« Le fait de pouvoir se concentrer uniquement sur les patients et non sur le travail administratif, c’est un point très positif. Cela nous laisse du temps pour proposer des consultations plus longues. C’est un confort pour moi, mais aussi pour les patients », témoigne le médecin qui estime « avoir fait le bon choix » en rejoignant le dispositif. “Ma santé, Ma Région”. Ce dernier prend effectivement en charge toutes les démarches administratives, dont le lien avec l’Agence régionale de santé (ARS) et l’Assurance maladie. Une aide bienvenue quand on sait qu’un médecin libéral consacre en moyenne sept heures à ces tâches.
133 professionnels de santé recrutés depuis 2022
En tout, ce sont 133 professionnels de santé qui ont été recrutés, dont 119 médecins, 10 sages-femmes et 4 infirmiers en pratique avancée. « Lors des deux premières années, nous avons salarié uniquement des médecins, puis nous avons étoffé le dispositif », indique Carole Delga. L’objectif de la Région : atteindre 200 recrutements de professionnels de santé en 2028. Dans le même temps, 52 secrétaires médicales ont été embauchées pour assister les médecins dans la gestion logistique et assurer aux patients un accueil. « Nous avons souhaité que chaque centre de santé soit doté d’un secrétariat médical pour avoir quelqu’un qui organise la coordination entre professionnels de santé et population ».
Autant de recrutements qui ont permis à 38 854 personnes de retrouver un médecin traitant, selon la Région. Et ce, alors que « pratiquement 700 000 Occitans n’ont pas de médecin traitant », souligne Vincent Bounes, le vice-président en charge de la santé. Ce sont, au total, 507 500 consultations qui ont été réalisées, dont 25 000 visites à domiciles. Les médecins salariés s’engagent en effet à en effectuer chez les patients les plus âgés ou vulnérables, mais aussi à réserver des créneaux dédiés à des soins non planifiés urgents pour désengorger les urgences et proposer des permanences de soins. Pour Vincent Bounes, “Ma santé, Ma Région” est « une vraie réussite ».
Les autres initiatives de la Région pour la santé
Outre le salariat de professionnels de santé, la Région expérimente depuis novembre 2024, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, celle de santé de Toulouse, et les trois CHU, le financement de postes de médecins spécialistes dans les hôpitaux publics du territoire. « Certains départements souffrent cruellement d’un manque, ils n’ont plus de dermatologues, presque plus de radiologues, ni de cardiologues », déplore Vincent Bounes. 20 ont été déployés dans 12 centres hospitaliers. Et six postes supplémentaires vont être créés dans les hôpitaux de Castres-Mazamet (cardiologie), Rodez (néphrologie), Albi (pneumologie), Uzès (psychiatrie), Clermont l’Hérault (pharmacie) et Narbonne (médecine physique et de réadaptation).
Enfin, la Région soutient également l’installation et la pratique de professionnels de santé libéraux, dont des médecins généralistes, pour « développer l’offre de soins sur l’ensemble du territoire ». Ainsi, elle accompagne financièrement la rénovation ou la création de maisons de santé pluriprofessionnelles. 151 ont ainsi été soutenues par la collectivité depuis 2016 pour un montant d’un peu plus de 15 millions d’euros.












