L’agression mortelle de Louis, 17 ans, à Narbonne (Aude), révèle une violence inouïe. Cinq jeunes, âgés de 16 ans et demi à 19 ans, ont été mis en examen pour assassinat, mardi 23 juin, après la diffusion des images sur les réseaux sociaux. Le plus jeune de la bande est un Toulousain.
Le mobile reste encore inconnu. Mais la mort de Louis, 17 ans, est bien la conséquence d’une déferlante de coups extrêmement violents infligés au visage de la jeune victime. « Il y a indéniablement une intention de tuer en visant essentiellement la tête », précise une source judiciaire, contactée par La Dépêche du Midi.
Une semaine après le passage à tabac de cet adolescent, dans la nuit du vendredi 19 juin, quai d’Alsace, à Narbonne, sur un chantier de logements en cours de construction, cinq suspects âgés de 16 ans et demi à 19 ans ont été interpellés par les services de police.
Ils ont tous été placés dans différents centres de détention et établissements pénitentiaires pour mineurs, dans le Sud de la France. Ils ont été mis en examen pour assassinat par un juge d’instruction. Parmi eux, un Toulousain de 16 ans et demi, le plus jeune de la bande.
« Un drame qui illustre la violence de notre société »
Trois jours après le placement en détention des suspects, mardi 23 juin, cette affaire continue de semer l’effroi à Narbonne. De nombreux habitants et ouvriers qui travaillent sur le chantier se disent très choqués par la tournure de ce guet-apens.
Les blessures constatées, d’abord par l’équipe médicale de l’hôpital de Narbonne et du CHU de Perpignan, où la victime a été transférée, font froid dans le dos. Le jeune garçon, hébergé depuis le mois de mai dans une structure de l’aide sociale à l’enfance audoise (ASE), souffrait de plusieurs ecchymoses aux yeux et de multiples hématomes sur le haut du visage. Louis a subi une avalanche de coups de pied et de coups de coude au visage, provoquant des saignements dans la bouche et dans le nez.
L’agression filmée a été diffusée sur les réseaux sociaux, ce qui a aussi permis aux enquêteurs d’identifier les auteurs présumés de cette attaque mortelle. Un important travail portant aussi sur la téléphonie a été réalisé très rapidement par les fonctionnaires de police. Louis s’était d’abord rendu à un rendez-vous, au centre de Narbonne, à la demande des mis en cause. L’un d’eux aurait eu, peu de temps auparavant, un différend avec Louis. Puis, le groupe a cheminé à pied vers la zone d’un chantier où le piège s’est refermé.
Déterminer les responsabilités
« Ce drame illustre la violence de notre société avec des jeunes qui sont capables d’anticiper, d’assassiner, de se montrer extrêmement violents et aussi d’assumer en publiant sur les réseaux sociaux leur acte de barbarie. Nos collègues policiers de Narbonne ont été très choqués malgré leur professionnalisme », réagit Bruno Bartocetti, secrétaire national pour la zone Sud, syndicat Unité SGP Police et contacté par La Dépêche.
La victime avait déposé une plainte, le 11 mai, pour des faits concernant d’autres jeunes, « sans lien avec les mis en examen », a signalé le procureur de la République de Narbonne, Jean-Philippe Rey. En revanche, le 12 juin dernier, Louis s’était rendu à la brigade de gendarmerie de Monestiés (Tarn) pour signaler des violences en réunion dont il aurait été victime quelques heures plus tôt. Selon le procureur, « malgré l’incitation des gendarmes à déposer plainte », aucune suite n’avait été donnée.
Les investigations à venir doivent permettre d’éclaircir le mobile de ce lynchage et d’établir le degré de responsabilité des mis en cause.













