Alors que la Haute-Garonne se prépare à sa troisième canicule depuis le mois de mai le niveau de la Garonne est très bas. Les lâchers d’eau ont débuté une semaine plus tôt que lors de la sécheresse de 2022.
Alors que la Haute-Garonne se prépare à sa troisième canicule depuis le mois de mai et qu’en ce premier week-end de juillet les températures dépasseront les 30 degrés à Toulouse, le niveau de la Garonne est très bas.
Depuis le pont des Catalans on voit le fond et la végétation aquatique.
C’est la première fois que les lâchers d’eau dans la Garonne surviennent aussi tôt dans l’été
Les autorités ont dû procéder à un lâcher d’eau dans la nuit de jeudi à vendredi (7 m³ secondes), elles prévoient un deuxième lâcher ce samedi (elles lâchent l’équivalent de 15% de l’eau qui coule dans la Garonne).
La situation est critique, c’est la première fois que ces lâchers surviennent aussi tôt, une semaine plus tôt que lors de la sécheresse de 2022.
Jean-Michel Fabre préside l’établissement public « Garonne Gascogne et affluents pyrénéens », il s’est rendu au Bazacle pour commenter la situation au micro d’ICI Occitanie.
ICI Occitanie : Quel est l’état de la Garonne? Il n’y a pas beaucoup d’eau qui coule. C’est inquiétant ?
Jean-Michel Fabre : Alors à ce niveau là, ce n’est pas inquiétant, mais ça pourrait le devenir très vite. C’est pour ça qu’on a fait des premiers lâchers d’eau. Là, on est à entre 45 et 50 m³ secondes. C’est ce qu’on appelle la limite du débit d’étiage, c’est le niveau qu’on vise. Quand on tombe en dessous, ça devient difficile. Et donc oui, on est, on est déjà en alerte.
On est à hauteur du dôme de la Grave, habituellement, il y a comme une cascade là. Elle a disparu. Ça fait longtemps qu’elle a disparu ?
C’est la chaussée du Bazacle, une vue que tous les toulousains connaissent. Quand on commence à ne plus voir d’eau sur toute la longueur, ça veut dire qu’il faut commencer à s’inquiéter. Tous les Toulousains qui sont en amont, ceux qui sont à Saint-Pierre, ils ne le voient pas, parce que c’est une retenue d’eau. Mais là on voit les affleurements. Donc on est rentré en action, on se prépare toute l’année pour ça, mais maintenant il va falloir que tout le monde s’y mette. On ne peut parfois pas tout faire juste en faisant des lâchers. Il faut une mobilisation générale sur les économies d’eau.
Vous dîtes c’est à tout un chacun de faire attention, comment ?
Ça veut dire la sobriété pour tout le monde. Que les agriculteurs essaient au maximum de limiter leurs prélèvements, que chacun chez soi limite les consommations, prendre des douches plutôt que des bains, quand on a un petit jardin limiter l’utilisation de l’eau. Chacun peut faire plein de gestes. Et puis après, il y a des choses qu’il faut qu’on change en profondeur. Par exemple, il faut qu’on fasse tous en sorte que l’eau reste là où elle tombe. Quand on est dans les villes, ça veut dire désimperméabiliser, qu’il y ait des endroits où l’eau est stockée dans la terre, en agriculture, et des sols qui retiennent l’eau. On va avoir besoin vraiment de faire en sorte que dès qu’il pleut, l’eau reste sur place plutôt que de partir dans la Garonne.
L’eau de la Garonne, c’est notre eau potable, et quoi d’autre?
L’eau de la Garonne, c’est notre eau potable. C’est aussi une partie de notre énergie (elle alimente la centrale nucléaire de Golfech près d’Agen ndlr). C’est également une partie de notre alimentation parce que nos agriculteurs travaillent avec cette eau. C’est beaucoup de produits qui sont fabriqués grâce à l’eau de la Garonne d’une manière ou d’une autre. Et puis c’est aussi toute notre biodiversité. Là, on voit des oiseaux, on voit des poissons. Ils ne seraient pas là s’il n’y avait pas suffisamment d’eau et on a besoin de les protéger.
Après les pluies de cet hiver les barrages sont pleins, reste à savoir si ce sera suffisant pour garder de l’eau tout l’été.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














