À Toulouse, un projet de centre de santé réunissant des médecins retraités est en préparation dans le quartier Saint-Cyprien. L’objectif est de proposer des consultations de médecine générale et de spécialités sans dépassement d’honoraires, afin de renforcer l’offre de soins dans l’agglomération.
Trouver un rendez-vous chez un médecin généraliste et certains spécialistes relève souvent du parcours du combattant pour de nombreux habitants de l’agglomération toulousaine. Pour tenter d’apporter une réponse à cette situation, un projet de centre de santé est actuellement en préparation à Toulouse. Sa particularité : les consultations seraient assurées par des médecins retraités, dont plusieurs anciens professeurs de médecine du CHU, tout en restant accessibles aux tarifs de la Sécurité sociale.
Le futur établissement pourrait prendre place dans le quartier Saint-Cyprien, où un local est actuellement à l’étude. L’idée est de regrouper, sous un même toit, plusieurs disciplines médicales, de la médecine générale aux consultations spécialisées. Les patients seraient reçus en secteur 1, sans dépassement d’honoraires.
Le projet est porté par plusieurs anciens praticiens hospitalo-universitaires toulousains, parmi lesquels les professeurs Didier Carrié, Fati Nourashémi, Laurent Schmitt et Michel Soulié, réunis autour du professeur Henri Boccalon, ancien chef du service de médecine vasculaire du CHU de Toulouse.
Des médecins retraités pour compléter l’offre de soins
Les initiateurs misent sur un constat simple : de nombreux médecins cessent leur activité au moment de la retraite alors qu’ils souhaitent parfois continuer à exercer, à un rythme plus léger. Le futur centre leur proposerait un cadre de travail salarié, sans gestion administrative, avec une activité pouvant aller d’une demi-journée à deux jours par semaine.
Selon les porteurs du projet, une vingtaine de praticiens ont déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à rejoindre la structure. Un appel est désormais lancé à d’autres médecins retraités susceptibles d’être intéressés.
Le professeur Henri Boccalon estime que « même si cela semble paradoxal, nous manquons de spécialistes sur Toulouse, et beaucoup de personnes aux confins de l’agglomération ont du mal à trouver un médecin, même spécialiste ».
Une initiative inspirée d’une expérience parisienne
Pour concrétiser ce projet, l’équipe toulousaine s’appuie sur l’expérience du Centre de Spécialités Médicales Odon Vallet (CSMOV), une association à but non lucratif qui développe ce modèle dans plusieurs territoires. Deux premiers centres ont ouvert à Paris en 2025 et servent aujourd’hui de référence pour le futur site toulousain.
Au-delà des consultations, la structure prévoit également de mener des actions de prévention et de participer à la formation des futurs médecins. À terme, ses responsables souhaitent aussi mettre à profit l’expertise de ces praticiens expérimentés dans des projets liés à l’innovation médicale.
Une association locale doit être créée dans les prochaines semaines afin de lancer officiellement le projet. Si le calendrier se confirme, Toulouse pourrait ainsi accueillir rapidement un nouveau type de centre de santé reposant sur la poursuite d’activité de médecins retraités.















