Une centaine de jeunes étrangers, engagés dans une procédure visant à faire reconnaître leur minorité, attendent de connaître leur sort. Ce lundi, une cinquantaine de soutiens se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Toulouse, où était examiné leur recours contre l’arrêté municipal ordonnant leur expulsion d’une résidence universitaire désaffectée. Associations et avocats dénoncent une évacuation précipitée, tandis que la mairie invoque des risques pour la sécurité.
Sous une chaleur écrasante, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées ce lundi devant le tribunal administratif de Toulouse pour soutenir une centaine de jeunes étrangers, engagés dans une procédure visant à faire reconnaître leur minorité, installés depuis novembre 2024 dans une résidence universitaire inoccupée de la rue Louis-Plana.
Le tribunal examinait le recours déposé contre l’arrêté pris le 8 juillet par la mairie de Toulouse, qui ordonne l’évacuation du bâtiment après deux incendies survenus en mai. À l’issue de l’audience, la date du délibéré n’était pas encore connue. Il pourrait être rendu dès ce lundi, mais un prononcé mercredi semble plus probable.
« On ne met pas des mineurs à la rue »
Les associations dénoncent une décision qu’elles jugent « brutale et incohérente ». « Si la mairie considère que le bâtiment est dangereux, il faut trouver une solution avec les associations. Là, on les laisse à la merci de la rue, ce qui est beaucoup plus dangereux », estime Jennifer Gruman, de l’association TEC 31, qui vient en aide aux mineurs isolés.
Parmi ces jeunes, Oumar, arrivé en France il y a quatre mois, a intégré un lycée grâce au soutien des associations. « On ne sait pas où aller aujourd’hui. Je ne peux pas me retrouver à la rue et aller à l’école en même temps », confie-t-il.
Les avocats contestent « l’urgence »
Les défenseurs des jeunes demandent la suspension de l’arrêté. « Nous avons soutenu qu’il était illégal faute d’urgence particulière », explique Me Mathilde Bachelet à La Dépêche du Midi. Elle rappelle qu’en avril, la cour d’appel avait accordé six mois aux occupants pour quitter les lieux.
Pour la mairie, les deux incendies et le rapport du SDIS justifient une évacuation rapide. Une analyse contestée par l’avocate : « Il s’est écoulé un mois et demi entre ces incendies et la décision d’évacuer. Cette chronologie montre bien qu’il n’y a pas d’urgence. » Elle souligne également que le rapport « ne remet pas en cause la solidité ou l’habitabilité du bâtiment ».
Si le tribunal ne suspend pas l’arrêté, « une évacuation forcée pourra intervenir à tout moment », prévient Me Bachelet. La plupart de ces jeunes sont engagés dans une procédure visant à faire reconnaître leur minorité devant le juge des enfants ou la cour d’appel. Beaucoup sont déjà scolarisés ou en voie de l’être. L’avocate espère désormais que le tribunal suspendra l’arrêté ou, à défaut, imposera un relogement avant toute évacuation.














