La canicule bouleverse le secteur des feux d’artifice. En Haute-Garonne, de nombreuses communes ont pris la décision d’annuler les festivités du 14 juillet, face à la canicule et à la sécheresse. Mais ces déprogrammations mettent à mal des sociétés créatrices de spectacles pyrotechniques. Des professionnels ont partagé leurs difficultés à La Dépêche, certains souffrant de plus de 10 % de pertes sur leur chiffre d’affaires.
Les effets de la canicule sont dramatiques pour l’environnement et la biodiversité. Mais ces épisodes de températures très élevées pèsent aussi lourdement sur certaines activités économiques. Alors que la Haute-Garonne est placée en vigilance rouge feu de forêt, plus d’une quinzaine de communes du département ont renoncé à leur traditionnel feu d’artifice pour la fête nationale.
Si elles privilégient la prudence, ces décisions mettent à mal les sociétés créatrices de spectacles pyrotechniques. Un secteur déjà largement éprouvé par les années Covid. « Depuis 2002 et le lancement de l’entreprise, c’est la première fois que nous subissons autant d’annulations », se désole Michel Murcia, directeur de Toulouse Artifice Créations, basée à Capens.
Une situation d’autant plus critique qu’elle intervient « à une semaine seulement du principal week-end de l’année ». Pour l’heure, la société enregistre 18 déprogrammations sur les 27 feux prévus. Et d’autres vont peut-être suivre. « Cela va gravement impacter notre chiffre d’affaires, on estime une perte supérieure à 10 % », assure le directeur.
Toulouse Artifice Créations emploie trois salariés à l’année et plus de 35 artificiers les 13 et 14 juillet. « Toutes ces personnes se retrouvent en chômage virtuel, privées d’activité et de revenus. » Ces techniciens, assimilables à des intermittents du spectacle, ne bénéficient d’aucune indemnité.
Des décisions « au cas par cas »
« L’impact financier d’une annulation est majeur, confirme un autre professionnel du secteur. Et même si un spectacle est reporté, on perd dans tous les cas de l’argent. La sentence tombe souvent à la dernière minute, les commandes sont déjà prêtes, les camions et les équipes parties, les hôtels réservés… Une partie des frais est donc engagée. »
Selon lui, il faudrait des déprogrammations déterminées « au cas par cas », et non une prise de décision « globale », au niveau départemental. « Souvent, des opérations sont annulées, alors que le risque incendie est quasi inexistant, poursuit-il. Les conséquences de la sécheresse varient selon le site de tir : installer le dispositif près d’une plage, d’un lac ou d’une rivière, à côté de l’eau, n’implique pas le même danger qu’au milieu d’un champ par exemple. Et en centre-ville, le risque est relativement faible : les pompiers et les secours sont juste à côté. »
« Les artificiers professionnels ont la connaissance des produits et des distances de sécurité. On sait maîtriser les risques, assure-t-il. D’ailleurs, on a l’habitude de travailler dans des pays très chauds, aux Émirats arabes unis ou encore en Arabie saoudite. » Pour autant, la préfecture de la Haute-Garonne n’a pas généralisé l’interdiction sur tout le territoire, mais préconise un encadrement strict.
Quelles communes annulent ?
Plusieurs communes de la Haute-Garonne ont donc décidé de renoncer à leur traditionnel feu d’artifice du 14 juillet, alors que le département est placé en vigilance rouge feu de forêt. Parmi elles figurent Colomiers, Blagnac, Cugnaux, Muret, Pibrac, ainsi que Villemur-sur-Tarn, Launaguet, Escalquens, Plaisance-du-Touch, Revel, Mondonville, Noé, Capens et Rieumes. Dans cette dernière, le spectacle pyrotechnique, initialement prévu le 13 juillet, est reporté au 22 août, à l’occasion du festival d’été Cœur Estival. À Merville, l’annulation a également été décidée, tout comme à Castelnau-d’Estrétefonds, où le concert prévu n’aura pas lieu non plus. À Grenade, la municipalité va plus loin : le feu d’artifice est annulé, ainsi que le bal des pompiers et l’ensemble des festivités prévues pour la fête nationale.

















