La clinique Saint-Roch de Fronton, en redressement judiciaire depuis le 1er juin, pourrait fermer à la suite d’une réforme du financement de la santé. Menacé de disparition, cet établissement SMR de 52 lits, dirigé par le célèbre docteur Jérôme Marty, rencontre un repreneur potentiel le 16 juillet 2026, avant son passage décisif devant le tribunal de commerce le 21 juillet. L’information révélée par La Dépêche du Midi a suscité pas mal d’inquiétudes. Une réunion publique se tenait afin d’informer les Frontonnais de ce qui attendait cet établissement emblématique. Nous étions présents, et voici ce qui s’est dit vendredi.
« Si la clinique Saint-Roch disparaît, il y aura une catastrophe sanitaire et on se bat pour éviter cela. » Ce sont les mots forts du docteur Jérôme Marty, directeur de cet établissement médical emblématique de Fronton, lors de la réunion publique de ce vendredi 10 juillet. La clinique de soins médicaux et de réadaptation (SMR), implantée sur le territoire depuis 1968, est en redressement judiciaire depuis le 1er juin. Le médecin explique cette situation par l’entrée en vigueur d’une réforme de financement en janvier 2024. « Nous avions des tarifs journaliers qui étaient déjà parmi les plus bas. Puis, cette nouvelle réforme, qui devait nous favoriser, nous a précipités dans de grandes difficultés économiques et financières, à la suite d’un changement radical de financement auquel les caisses d’assurance maladie n’étaient pas préparées. Globalement, cela veut dire que l’on nous demande de soigner des patients avec moins de moyens. »
Jérôme Marty, une « grande gueule »
Depuis, l’enjeu du redressement est primordial pour le secteur médical frontonnais, car la clinique Saint-Roch, avec ses 52 lits dont 3 de soins palliatifs, assure 500 hospitalisations par an pour des patients d’un âge moyen de 81 ans, dont les deux tiers habitent dans un rayon de 30 km.
Certifiée haute qualité de soins en avril 2025, elle accueille 50 Frontonnais par an, soit 1 000 par génération. « Le secteur privé hospitalier est un milieu qui se tait et qui voit le système s’effondrer dans le plus grand silence. Il faut savoir que 60 % des établissements SMR sont aujourd’hui en déficit. » La particularité de la clinique Saint-Roch est que son directeur (Jérôme Marty lui-même, NDLR) est relativement « grande gueule » et il le fait savoir (il a été longtemps un intervenant de la célèbre émission de RMC « Les Grandes Gueules », NDLR).
Des repreneurs potentiels rencontrés le 16 juillet
Depuis 2024, la direction est donc en contact avec la mairie de Fronton et a saisi les différentes instances régionales et nationales ainsi que le ministère de la Santé afin de trouver une solution qui pourrait attirer des financeurs.« Nous avons un projet de déplacement et d’extension de l’établissement pour en faire une structure de 100 lits, dont certains à temps partiel, avec un écosystème permettant de rendre la clinique performante pour le territoire frontonnais et sur le plan économique », explique le docteur Marty.
Pour qu’un tel projet puisse voir le jour, il est nécessaire qu’il soit porté par un financeur. « Et le redressement judiciaire est la seule forme juridique qui permet d’avoir un repreneur. » Le 16 juillet, la direction rencontrera un possible repreneur français, avant un passage devant le tribunal de commerce le 21 juillet, qui décidera du futur statut de la clinique. « Nous allons tout faire pour maintenir cet établissement et éviter que Fronton ne devienne un désert médical », promet Jérôme Marty.











