A Blagnac, des maraîchers ont mis au point une solution originale pour lutter contre les chaleurs : installer de l’ombre dans une serre. On s’est rendu sur place.
En rentrant dans une serre de 1 000 mètres carrés en pleine canicule, qui aurait cru qu’il y fasse plus frais qu’à l’extérieur ? Au site de production de la Milpa, entreprise de maraîchers en ville située sur la plaine des Quinze-Sols à Blagnac, Guillaume Chochon, fondateur, et Timothée Ajjan, employé depuis trois ans, ont eu une idée originale pour lutter contre la sécheresse. Plutôt qu’utiliser la serre pour retenir les rayons du soleil et rallonger la saison, ils l’ouvrent et couvrent les plantes avec une toile d’ombrage pour les rafraîchir.
« La serre fait office de structure pour la toile d’ombrage, permettant de maintenir un niveau de température assez bas », explique l’employé. « Grâce à ça, on a la main sur ce qu’on cultive, pas comme si c’était en extérieur ».
Mais même dans la serre ombragée, « certains légumes brûlent ou verdissent », indique l’employé. « Parfois, il suffit qu’un petit rayon de soleil passe et cela crame tout ». Et ce même lorsqu’il s’agit de « tomates d’Amérique du Sud, qui ont besoin de chaleur intense. En ce moment c’est trop pour elles en France ».

« On ne maîtrise pas tous les paramètres »
Les légumes dépendent de critères très précis, bouleversés par les chaleurs intenses. Les maraîchers de la Milpa font face à des « aléas de production », comme l’explique Guillaume Chochon. « On aura des pics de production à certains moments, puis plus rien », et cela pose un problème d’instabilité.
Puis à cela s’ajoutent les conditions de travail intenses. Pour Timothée Ajjan, « c’est surtout le travail qui est pénible, on finit à 13 heures sur le site, mais il fait chaud dès 10 heures ». De la même manière, les onze employés en parcours d’insertion peuvent habiter loin ou ne pas posséder de voiture. La sécheresse les contraint à se déplacer plus tôt et plus difficilement. « On a avancé l’horaire à huit heures contre la chaleur, mais on ne peut pas faire plus tôt pour les travailleurs », confie le fondateur.












