La commune ravagée de Pomas (Aude) va t’elle faire l’objet d’une reconnaissance de catastrophe naturelle? Le président de Carcassonne agglo a envoyé un courrier en ce sens au Premier ministre et au préfet de l’Aude.
La commune ravagée de Pomas (11) va-t-elle faire l’objet d’une reconnaissance de catastrophe naturelle? Certains redoutent que non.
« J’aimerais que le président de la République et le Premier ministre prennent la mesure de ce qui est arrivé à Pomas »
Le président de Carcassonne agglo a envoyé un courrier, en milieu de semaine dernière, au Premier ministre et au Préfet de l’Aude pour demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle à Pomas. Régis Banquet explique que : « Aujourd’hui, en l’état actuel de la législation française, la tornade n’est pas forcément reconnue comme une catastrophe naturelle. On milite pour qu’elle le soit. D’autant que quand on regarde le village qui est quasiment détruit, on ne peut pas dire que ce n’est pas une catastrophe naturelle. On doit se battre pour que l’État fasse un effort de solidarité nationale pour cette commune. »
Il ajouter: « Plus tôt, la catastrophe naturelle sera reconnue, mieux ce sera pour les habitants de cette commune, puisque ça va enclencher derrière des enveloppes et des fonds qui seront automatiquement pris en charge par l’État, notamment par exemple pour le relogement des personnes sinistrées pendant plus de six mois. »
Régis Banquet en appelle même au chef de l’état : « En 2018, quand on a été victimes des inondations terribles, où on a eu une quinzaine de décès, c’est allé très vite. Macron a décrété qu’il fallait que ce soit reconnu catastrophe naturelle. Donc quand le président de la République dit quelque chose, ça va très vite. J’aimerais bien que le président de la République et le Premier ministre prenne la mesure de ce qui est arrivé à Pomas.«
« Mon inquiétude c’est qu’ils refusent la reconnaissance de catastrophe naturelle à Pomas » commente le sénateur Bourgi
Le petit village des Corbières, a essuyé lundi 24 août, des vents allant de 220 à 240 km/h – c’est ce qu’a conclu Keraunos l’observatoire français des tornades et orages violents. Les 3/4 de la commune de Pomas ont été impactées (387 maisons impactées sur 476).
Pour autant, la loi ne penche pas en faveur d’une reconnaissance naturelle, selon le sénateur socialiste et conseiller régional d’Occitanie Hussein Bourgi. L’élu souligne que « le même jour que la tornade de Pomas, une trentaine de communes de l’Hérault ont essuyé un épisode venteux particulièrement violent et se sont vu refuser la reconnaissance de catastrophe naturelle« . Hussein Bourgi, qui est aussi à l’origine d’une proposition de loi déposée cet été pour étendre les critères de reconnaissance de catastrophe naturelle, redoute une réponse similaire pour Pomas :
« Mon inquiétude, c’est qu’ils ne fassent la même réponse à Pomas qu’ils ne l’ont faite pour nous dans l’Hérault, c’est à dire pas de reconnaissance de catastrophe naturelle« . Explications ? : « Parce que la loi sur les catastrophes naturelles de 1982 n’est plus aujourd’hui adaptée aux situations, aux aléas et aux épisodes climatiques que nous connaissons. Parce qu’effectivement, en 44 ans, le réchauffement climatique produit des tornades (…)« .
Sans reconnaissance de catastrophe naturelle, les sinistrés ne bénéficient pas d’enveloppe débloquée par l’état et chacun traite avec son assureur. Le sénateur Hussein Bourgi espère voir sa proposition demandant l’élargissement des critères requis pour la reconnaissance de catastrophe naturelle, étudiée dès la rentrée des sénateurs, le 1er octobre. Il est soutenu par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
« Le bénéfice de l’état de catastrophe naturelle n’est pas si évident » commente le député RN de l’Aude, Julien Rancoule
Questionné sur cette proposition de loi, le député RN de la circonscription Julien Rancoule assure que « le bénéfice de cet état de catastrophe naturelle n’est pas forcément évident (…) que les assureurs ont aussi leur rôle à jouer (…) et que c’est surtout au maire d’en faire la demande« .
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555














