Il ne reste plus qu’une souche, mais les réactions, elles, ne faiblissent pas. Rue du Languedoc, la disparition du tilleul centenaire continue d’alimenter les conversations et l’incompréhension de nombreux Toulousains.
« Merci de nous protéger si bien, on pourrait mettre une caméra de vidéosurveillance à la place. » Tracée au marqueur noir sur la souche du tilleul centenaire, l’inscription ne laisse guère de place au doute. Derrière l’ironie, le message vise clairement la mairie de Toulouse, dont la décision d’abattre cet arbre emblématique du quartier des Carmes continue de susciter l’incompréhension.
Ce message résume en effet à lui seul le sentiment d’une partie des riverains. Le tilleul avait été abattu après une expertise concluant à un risque de basculement. Une décision justifiée par la mairie au nom de la sécurité, mais qui, plusieurs jours après, continue de faire réagir.

« Il devait bien y avoir une autre solution »
Ce mardi matin, une dame, ombrelle à la main, observe quelques instants la souche avant de laisser éclater son amertume. « C’est lamentable… Cet arbre protégeait tous les immeubles. Il devait bien y avoir une autre solution. Peut-être couper une branche, pas tout l’arbre. En plus, on n’a même pas été prévenus. Et ce n’est pas avec de jeunes arbres qu’on remplacera un arbre pareil. » Elle préfère garder l’anonymat.
À quelques mètres de là, à la boulangerie Le Péché Mignon, le sujet reste dans toutes les conversations. « Les clients nous en parlent encore. Je pense que ce qui les choque surtout, c’est que l’arbre ait été coupé en pleine canicule », confie une employée.
Tous ne partagent toutefois pas cette émotion. Une commerçante de la rue invite à relativiser. « C’est toujours triste d’abattre un arbre, mais s’il menaçait de s’effondrer… Quand on voit les incendies qui ravagent la France ou les coups de couteau en centre-ville, je suis plus choquée par ça que par cet abattage. »
L’émotion dépasse en tout cas désormais les limites du quartier. Lundi, l’écrivain toulousain Pascal Dessaint a lui aussi fait part de son incompréhension sur Facebook, en publiant une photo de la souche. « Toulouse aujourd’hui… Merci ! Il y avait aux Carmes un arbre vénérable. Voyez un peu cette souche ! En pleine canicule, il a été coupé. POURQUOI ? Il y avait peut-être une raison objective. On aimerait savoir. »
Deux arbres replantés cet hiver
En mai dernier, La Dépêche du Midi rapportait que ce tilleul centenaire devait être abattu à la suite d’un test de traction concluant à un basculement progressif de l’arbre. Selon la mairie, il ne résistait plus suffisamment au vent et ses branches entraient désormais en contact avec la façade de l’immeuble voisin, faisant peser un risque sur les passants et les commerces. Sur le panneau installé à proximité de la souche, la Ville rappelle que cette décision a été prise « pour des raisons de sécurité ».

La municipalité assure également que deux nouveaux tilleuls seront plantés cet hiver. L’un remplacera l’arbre au même emplacement, tandis que le second prendra place au Jardin Royal, l’espace disponible rue du Languedoc ne permettant pas le développement de deux sujets.











