Niché dans un écrin de verdure, en bordure du Touch, au cœur du quartier Purpan, le moulin de la Flambère dévoile un havre de paix insoupçonné à Toulouse. Bâtie en 1642 sur les berges du Touch, cette bâtisse historique en briques rouges a repris vie sous l’impulsion passionnée de Brigitte et Pascal Clermont. Entre patrimoine restauré, murmure de l’eau et accueil chaleureux, immersion dans un lieu d’exception qui émerveille chaque visiteur.
« Quand ils arrivent ici, les gens font waouh », se réjouit Pascal Clermont. Et pour cause : dissimulé dans le quartier Purpan, au sud de Toulouse, le moulin de la Flambère offre une parenthèse enchantée hors du temps. À peine le portail franchi, le tumulte urbain de la rocade Arc-en-ciel et la proximité de l’aéroport de Blagnac s’effacent pour laisser place au doux murmure du Touch, cette rivière paisible dont les eaux s’écoulent directement sous la bâtisse. Bâti en 1642, ce joyau architectural en briques rouges a traversé près de quatre siècles d’histoire avant d’entamer une nouvelle vie sous la conduite passionnée de ses propriétaires, Brigitte et Pascal Clermont.
Un chantier de rénovation colossal de trois ans
L’histoire de cette renaissance débute en 2020. Habitant juste à côté depuis 2006, le couple entretenait des liens quasi familiaux avec leurs anciens voisins, les propriétaires historiques du moulin. Lorsque ces derniers ont dû quitter les lieux pour une maison de retraite, Pascal Clermont, tout juste retraité de sa carrière de VRP dans l’agroalimentaire, n’a pas hésité à se positionner pour acquérir le domaine. « C’est un projet de cœur, un véritable projet de vie », explique-t-il avec une émotion sincère. Dès la signature officielle chez le notaire, le 17 juin 2020, s’est engagé un chantier colossal de trois années de travaux intensifs.

Tout était à refaire du sol au plafond. « Il n’y avait pas le tout-à-l’égout, il n’y avait pas de chemin d’accès aménagé, la toiture devait être entièrement réhabilitée », se remémore Pascal. Durant trente-six mois, l’ancien VRP consacre ses journées à la restauration du site. Les magnifiques briques rouges toulousaines, précieusement préservées à l’abri sous un vieil enduit de crépi, sont remises à nu et sublimées. Les anciennes turbines situées au sous-sol sont désenvasées, la toiture est refaite à neuf, une passerelle d’accès sécurisée répondant aux normes actuelles est créée et de grandes fenêtres arrondies sont dessinées pour baigner les pièces de lumière naturelle tout en offrant des perspectives apaisantes sur la nature environnante.
Un appartement et deux chambres
Aujourd’hui, cet imposant monument en briques de 400 mètres carrés abrite 90 mètres carrés entièrement dédiés à la location touristique, ouverts depuis août 2023. L’espace comprend un appartement indépendant doté d’une cuisine intégrée en chêne de très belle qualité, d’une chambre et d’un canapé convertible pouvant accueillir une troisième personne, ainsi que deux grandes chambres de 30 mètres carrés chacune, nommées « Cascade » et « Rivière ». Chaque logement allie le cachet des murs d’origine avec le confort moderne, incluant une climatisation intégrée. Côté tarifs, il faut compter environ 100 à 120 € la nuitée pour une chambre et 120 à 140 € pour l’appartement.

Martins-pêcheurs, hérons, canards, écureuils et libellules
Le charme unique du moulin repose également sur son ancrage extraordinaire dans la roche. Érigée sur de solides voûtes ancrées dans la marne, la structure supporte le cours d’eau sans faiblir. « Pour un bâtiment de 1642, il n’a pas pris une ride », souligne Pascal Clermont avec fierté. Sous le bâtiment, l’eau s’écoule continuellement à travers les voûtes, insufflant une fraîcheur vivifiante et une atmosphère apaisante. Autour de la demeure, un parc verdoyant bordé de chênes centenaires abrite une faune sauvage florissante où martins-pêcheurs, hérons, canards, écureuils et libellules évoluent en toute sérénité. « On est à la campagne à la ville. On est sur une oasis de verdure », résume Brigitte Clermont pour décrire ce havre méconnu des Toulousains eux-mêmes.

Pour les voyageurs venus du monde entier, Australie, Chili, États-Unis, Suisse, ce séjour toulousain est une surprise mémorable. Beaucoup d’hôtes en transit entre l’océan Atlantique et la Méditerranée, ou en route vers Albi et Carcassonne, choisissent de faire escale à Toulouse spécifiquement après avoir aperçu les photos du moulin sur Internet.
» Ce moulin, c’est son bébé »,
Éloignés des formules impersonnelles, Brigitte et Pascal privilégient une fibre amicale et conviviale. Chaque arrivant est accueilli autour d’un pot de bienvenue et d’une présentation d’un album photo retraçant les différentes étapes du chantier. Symboliquement, la toute première nuitée de réservation en août 2023 a été offerte aux enfants des anciens propriétaires, scellant ainsi un hommage vibrant à la mémoire des lieux.

Ravis de contribuer à l’attractivité touristique de Toulouse tout en transmettant l’histoire patrimoniale de cette bâtisse du XVIIe siècle, Brigitte et Pascal Clermont préparent déjà l’avenir. Le couple espère que leurs deux filles jumelles et leurs petits-enfants perpétueront cette aventure familiale. » Ce moulin, c’est son bébé », rappelle Brigitte.Unique moulin de la Ville rose ouvert à la location touristique, la Flambère continue ainsi de faire briller ses lumières dans la nuit toulousaine et d’émerveiller ceux qui franchissent sa lourde porte d’origine.













