En Haute-Garonne, les restrictions d’eau se renforcent dès le 1er août. 374 communes sont désormais concernées par de nouvelles limitations, avec des règles plus strictes pour les piscines, l’arrosage des jardins, le lavage des véhicules et les prélèvements agricoles face à une ressource toujours sous tension.
À partir de ce samedi 1er août, les habitants de Haute-Garonne devront composer avec un nouveau durcissement des restrictions d’eau. Face à une sécheresse qui continue de s’aggraver, le préfet Fabrice Rigoulet-Roze a décidé de relever le niveau d’alerte sur plusieurs bassins versants et d’étendre les limitations d’usage à une grande partie du département. Désormais, 374 communes sont concernées par des restrictions sur les usages de l’eau potable.
Cette décision intervient dans un contexte de forte tension sur la ressource. Malgré les lâchers d’eau opérés depuis les retenues tout au long du mois de juillet pour soutenir les débits des cours d’eau, les réserves continuent de diminuer. Les dernières précipitations n’ont pas permis d’inverser la tendance et les prévisions météorologiques n’annoncent pas d’amélioration à court terme.
Piscines, jardins, lavage des voitures… ce qui change pour les habitants
Pour les particuliers, plusieurs usages du quotidien sont désormais plus strictement encadrés. Le remplissage des piscines familiales est suspendu, sauf dans quelques cas précis, notamment pour une simple remise à niveau ou lorsqu’un chantier avait été engagé avant les premières restrictions. Les fontaines décoratives alimentées en circuit ouvert devront également être arrêtées, tout comme les douches de plage.
Les possibilités d’arrosage se réduisent elles aussi. Les jardins potagers ne pourront plus être arrosés entre 13h et 20h. Pour les pelouses, massifs fleuris et espaces verts, l’interdiction s’étend de 8h à 20h. Les mêmes créneaux s’appliquent aux terrains de sport, centres équestres, hippodromes ou circuits de loisirs. Les golfs devront en outre réduire de 30% leur consommation hebdomadaire d’eau et tenir un registre de leurs prélèvements.
Autre changement concret : le lavage des véhicules. Les particuliers ne pourront y recourir qu’en cas d’impératif sanitaire. Les professionnels, eux, ne pourront poursuivre cette activité que s’ils utilisent un système de recyclage de l’eau ou du matériel à haute pression. Quant au nettoyage des façades, des trottoirs ou des voiries, il ne restera autorisé que pour des raisons de sécurité, de salubrité ou dans le cadre de travaux.
Une pression accrue sur les prélèvements agricoles
Au-delà des usages domestiques, le nouvel arrêté modifie également les règles applicables aux prélèvements dans les cours d’eau. L’ensemble de l’axe Garonne passe désormais en niveau d’alerte, y compris sa partie amont, jusqu’alors moins contrainte. Cette évolution impose une réduction de 30% des prélèvements dans le fleuve et ses nappes d’accompagnement. Dans le même temps, l’Arbas et les rivières alimentées par le système Neste basculent en alerte renforcée, tandis que le secteur ONDE Sud rejoint le niveau de crise, au même titre que les bassins du Volp et du Tescou.
Ces évolutions auront également des conséquences pour le monde agricole. Selon les secteurs concernés, l’irrigation devra être interrompue plusieurs jours par semaine. Dans les zones classées en crise, les prélèvements sont désormais interdits, sauf pour certaines productions bénéficiant de dérogations, comme le maraîchage, les pépinières ou les cultures irriguées au goutte-à-goutte.
Un nouvel arrêté pourrait intervenir dès la semaine prochaine
Pour justifier ce durcissement, la préfecture souligne que les volumes d’eau mobilisés depuis le début de l’été ont atteint un niveau exceptionnel. À elle seule, la Garonne a bénéficié du déstockage de 27 millions de mètres cubes d’eau en juillet afin de maintenir un débit suffisant et de préserver les différents usages, avec une priorité donnée à l’alimentation en eau potable. Mais ces réserves ne sont pas inépuisables et doivent désormais être préservées jusqu’au retour des pluies automnales.
Les services de l’État continueront de suivre quotidiennement l’évolution de la situation. Si la sécheresse se poursuit, un nouveau renforcement des restrictions pourrait être décidé dès le 8 août. En attendant, la préfecture appelle « l’ensemble des usagers, particuliers, collectivités, agriculteurs, entreprises et industriels, à adopter des comportements économes en eau », rappelant que « la préservation de cette ressource constitue un enjeu collectif et nécessite la mobilisation de tous ».















