Ils documentent chaque étape de leur chantier, partagent leurs réussites comme leurs erreurs et prodiguent conseils et astuces à des milliers d’internautes. À Toulouse, plusieurs comptes dédiés à la rénovation cartonnent sur les réseaux sociaux. Longtemps cantonnée aux émissions de télévision, la rénovation de maisons a trouvé un nouveau terrain de jeu deux points zéro. Un succès qui illustre l’engouement grandissant des Français pour l’auto-rénovation.
ChatÔ Toulouse, Au bout de notre rue, Le Repos des chanoines, Au boulot, Maison Santcha… Sur Instagram, TikTok ou YouTube, les comptes consacrés à la rénovation de maisons, d’appartements ou encore de châteaux se multiplient. Entre tutoriels, conseils pratiques et suivi de chantiers au long cours, ces créateurs séduisent des centaines de milliers d’abonnés. Une tendance qui inspire de plus en plus de Français à se lancer eux-mêmes dans la rénovation de leur logement.
Des tutoriels pensés pour les novices
Pour Patrice Marin, créateur du compte ChatÔ Toulouse, qui partage depuis trois ans la rénovation de son château datant de 1850, les réseaux sociaux n’étaient au départ qu’un moyen de garder une trace de l’avancée des travaux. « Je voulais simplement documenter la rénovation. Mais quand j’ai lancé le compte, je voyais bien que ça n’intéressait pas grand monde. Ma fille, qui avait 16 ans à l’époque, m’a dit que je n’apportais aucune valeur ajoutée aux abonnés. J’ai alors changé ma manière de faire en expliquant comment réaliser les travaux quand on est novice. Et là, tout a décollé », raconte-t-il. Aujourd’hui, son compte Instagram rassemble près de 100 000 abonnés.

Comme lui, de nombreux créateurs ont trouvé la recette qui fonctionne. Certains misent sur l’humour, comme Le Repos des chanoines, d’autres sur les tutoriels « Do It Yourself », à l’image de Au boulot, ou encore sur le récit d’une aventure familiale. Tous ont en commun de rendre la rénovation accessible et de montrer les réussites… comme les difficultés.
Des vidéos dans lesquelles les Toulousains se reconnaissent
À Toulouse, ces contenus trouvent un écho particulier auprès des internautes. « Il y a une vraie authenticité dans ces vidéos. Les créateurs montrent toutes les étapes, les erreurs, les galères, les réussites. On a l’impression de rénover avec eux », explique Cécile, qui suit de près les aventures de ChatÔ Toulouse.
Cette proximité est également ce qui plaît à Patrice Marin. « Je pose des questions, je demande des conseils et il y a énormément d’interactions dans les commentaires. Finalement, on a créé une rénovation collaborative. Les abonnés participent à la réflexion autant que nous », sourit-il.
Une passion pour la rénovation qui ne faiblit pas
Si les réseaux sociaux ont largement contribué à populariser le phénomène, l’engouement pour la rénovation ne date pas d’hier. Bien avant Instagram ou TikTok, les émissions D&CO, Tous ensemble, Mission Travaux ou encore Total Rénovation réunissaient déjà des millions de téléspectateurs.
« J’ai l’impression de retrouver ce que je regardais à la télévision petit, mais sur mon téléphone. C’est plus rapide, plus concret, et surtout on suit les travaux sur plusieurs mois, voire plusieurs années », confie Nathan. Pour Patrice Marin, cette relation avec sa communauté est devenue une véritable source de motivation. « J’aime transmettre ce que j’apprends. Je me sens utile. Et plus je partage, plus j’ai envie de continuer ».
Des écrans de télévision aux réseaux sociaux, la rénovation a simplement changé de format. Elle continue de séduire des milliers d’internautes, qui attendent désormais chaque nouvelle étape des chantiers comme le prochain épisode d’une série.
La rénovation séduit de plus en plus de Français
Selon plusieurs études menées par OpinionWay, l’engouement des Français pour le bricolage et l’auto-rénovation ne désemplit pas. « 87 % des Français déclarent bricoler au moins occasionnellement. Parmi les propriétaires, 45 % prévoient de réaliser des travaux de rénovation dans les deux prochaines années et 40 % envisagent d’effectuer eux-mêmes au moins une partie du chantier. Une tendance particulièrement marquée chez les moins de 35 ans, les plus nombreux à se lancer dans l’auto-rénovation ».
Un engouement qui se reflète également dans l’économie du secteur : malgré un contexte immobilier moins favorable, « le marché français du bricolage représente encore 22,1 milliards d’euros », preuve que les Français continuent d’investir dans leurs projets de rénovation.












