Une altercation entre deux hommes a provoqué un important déploiement policier, lundi 3 août, rue Jean-des-Pins, à Toulouse. Des témoins disent avoir aperçu une arme longue et entendu plusieurs détonations. Les fragments d’une grenade ont été retrouvés. Un homme, qui se présente comme la victime, a été interpellé puis remis en liberté.
La rue est vide. Ce mardi après-midi, la chaleur écrase les façades de briques de la rue Jean-des-Pins, dans le quartier Saint-Cyprien, à Toulouse. Au pied d’un muret crépi, un ruban rouge et blanc serpente sur le trottoir. « Scellé. Ne pas ouvrir », peut-on encore y lire.
Dans cette rue où plus rien ne semble troubler le silence, la police a bouclé, la veille, une partie du quartier. Peu après 13 heures, ce lundi, plusieurs appels signalent une rixe entre deux hommes. Deux témoins disent avoir entendu plusieurs détonations. L’un d’eux affirme également avoir vu une arme longue.
Lorsque les premiers équipages arrivent sur place, la bagarre est terminée. Les protagonistes ont disparu. Les policiers pénètrent alors dans les parties communes d’un immeuble devant lequel l’affrontement aurait eu lieu. Ils y découvrent plusieurs fragments susceptibles de provenir d’un engin artisanal, ainsi qu’une goupille. Des constatations sont immédiatement réalisées, tandis que le secteur est sécurisé dans l’attente de renforts.
Un homme sur une trottinette
L’origine exacte des explosions reste à établir. Les débris retrouvés pourraient correspondre à une grenade artisanale, mais les investigations techniques doivent encore déterminer la nature de l’engin et les conditions dans lesquelles il a été utilisé. Aucun blessé directement touché par une explosion n’a, à ce stade, été signalé.
Alors que les policiers maintiennent leur dispositif autour de l’immeuble, un homme de 25 ans en sort avec une trottinette. Il correspond en tous points à la description donnée par les témoins. Il est interpellé et placé en garde à vue. Devant les enquêteurs, le jeune homme reconnaît avoir participé à une altercation, mais conteste être à l’origine des détonations. Il affirme au contraire avoir été agressé par un homme qu’il dit connaître seulement de manière superficielle. Il assure n’avoir manipulé ni arme à feu ni engin explosif.
Une perquisition menée à son domicile permet cependant de retrouver un tournevis. L’objet pourrait avoir été utilisé au cours de la rixe. Le gardé à vue explique qu’il ne lui appartient pas : il l’aurait récupéré après que son adversaire s’en serait servi contre lui.
Le suspect remis en liberté
À ce stade, les enquêteurs ne sont pas en mesure d’établir précisément le rôle de chacun. L’homme interpellé est-il l’agresseur, la victime, ou les deux successivement au cours d’un affrontement dont le déroulement demeure confus ? Les auditions n’ont pas permis de lever toutes les contradictions. Sa garde à vue a finalement été levée et il a été remis en liberté, sans que l’enquête soit refermée.
Les policiers doivent désormais exploiter les images de vidéosurveillance disponibles dans le secteur, confronter les témoignages et tenter d’identifier le second protagoniste. Ils cherchent également à déterminer si l’arme longue décrite par les témoins était réelle, si elle a été utilisée et qui pouvait la détenir.
Dans la rue Jean-des-Pins, les habitants n’ont aperçu que des fragments de l’intervention. « J’ai vu la police au début de l’après-midi, mais je ne savais pas vraiment pourquoi elle était là », raconte un riverain. Un autre dit avoir entendu « un gros boum ». « Un mec s’est planqué avec un fusil », affirme-t-il, sans avoir vu l’ensemble de la scène. Il ignore le motif de la bagarre et la nature des personnes impliquées. « On ne sait pas si c’étaient des dealers ou d’autres profils. Ce quartier est calme, d’habitude. »
Il dit ne pas avoir véritablement eu peur. « Avec tout ce qui se passe… », lâche-t-il, avant de partir.











