Au camping naturiste Les Aillos à Caraman, niché dans les collines du Lauragais, à 45 minutes de Toulouse, la nudité est un art de vivre. Depuis 2014, Xavier et Betty Ménard accueillent, dans ce très bel endroit, bien tenu, vacanciers et habitués. Leur site de 6 hectares comprend 70 parcelles, où le respect, la bienveillance et la tranquillité trônent en maître. À partir de 35 euros la nuit, les visiteurs profitent d’une parenthèse de liberté et de convivialité en toute tranquillité.
Neuf heures passées à Caraman, au sud-est de Toulouse. Dans la torpeur d’une journée qui s’annonce caniculaire, le camping naturiste 4 étoiles Les Aillos s’éveille à peine. Xavier et Betty Ménard sont déjà sur le pont. À l’accueil, le contraste saute aux yeux entre les propriétaires, habillés pour assumer la logistique du matin, et Hervé et Françoise, des vacanciers venus récupérer leur baguette de pain à l’accueil, nus comme des vers, la peau joliement dorée. « L’après-midi, quand tout est fini, on est aussi nus », souligne Xavier.

« Etre nus à longueur de journée »
Le couple a repris ce site de 70 parcelles en 2014, « dont 40 emplacements nus », précise Betty, pour en faire un domaine familial axé sur la bienveillance, le respect et la qualité. Pourquoi un camping naturiste ? « Parce qu’on était déjà naturistes au départ », glisse Xavier. « Pratiquer le naturisme dans un camping est plus sécurisant que sur une plage. Il n’y a pas de voyeurisme, on se regarde dans les yeux. Si quelqu’un commence à vous toiser de haut en bas, c’est qu’il y a un problème », estime Xavier.
Ici, c’est paréo ou rien. Il n’y a pas de tee-shirt, pas de short. « Ce que les gens apprécient, c’est d’être nus à longueur de journée », complète Xavier. Se sent-on plus vulnérable quand on est tout nu ? « Non, au contraire. On a plus d’assurance », poursuit le propriétaire des lieux. Ici, la nudité obéit à des codes précis : « Déjà, dire bonjour à tout le monde, poser une serviette avant de s’asseoir et s’accroupir plutôt que de se baisser », détaille-t-il.
Entre avril et septembre, le camping accueille de nombreux fidèles venus chercher une parenthèse de liberté et de convivialité à proximité de Toulouse. Pour une nuit sur un emplacement camping, il faut compter 35 euros.
« Jusque là, j’étais très pudique »
Casquette rouge vissée sur le crâne, Karim est venu passer le week-end au camping, en voisin depuis Toulouse. Un paréo noué autour de la taille, il fume une cigarette attablé près de la piscine : « Ça fait 10 ans que je pratique le naturisme. Je suis à l’aise, en plus ça permet d’avoir un bronzage uniforme et pas de cul blanc », plaisante-t-il. Sa compagne a découvert le naturisme aux Allios grâce à lui : « Je ne suis venue qu’ici. Jusque là, j’étais très pudique et ici tout s’est bien passé. » Depuis, Natacha reconnaît même que cela lui a apporté de la confiance en elle, « de la liberté ».
« Ici, les gens ne te calculent pas, tu fais ta vie. En plus, il n’y a jamais foule. C’est tranquille », confirme Karim. La première fois qu’il est venu à Caraman, le couple est resté une semaine : « Ça m’avait fait vraiment bizarre de remettre des habits », se souvient Natacha.
« Nos enfants ne sont pas au courant »
Hervé et Françoise, le couple aperçu plus tôt une baguette de pain à la main, sont là pour la première fois afin de retrouver des amis. « On est venus se dépayser », expliquent ces adeptes du naturisme depuis une dizaien d’années. « Moi qui étais un peu réticente, aujourd’hui, j’adore. On a commencé par des plages, puis on a franchi le pas de réserver un tout petit camping. En fin de compte, c’est vrai qu’on est vraiment bien sans maillot », reconnaît Françoise.

Christian (68 ans) et Audrey (67 ans) sont quant à eux des habitués, ils font du naturisme depuis 12 ans et fréquentent Caraman pour le troisième été consécutif. Pour Christian, le naturisme, « il faut le tester pour se rendre compte. Se baigner nu et en maillot de bain, ce n’est pas du tout pareil. Il y a ce sentiment de liberté. » Dans leur entourage, ils parlent peu de leur pratique « parce qu’on n’a pas envie de se justifier. C’est notre vie à nous, même nos enfants ne sont pas au courant et on n’a pas envie de leur dire ».
» Je ne vois que des avantages à pratiquer le naturisme »
Le couple reconnaît que ce n’est pas forcément facile à démarrer. « On a mis quand même plusieurs étés avant d’être vraiment à l’aise », explique Christian. Maintenant, c’est naturel. « Ça décomplexe. J’étais timide et réservée, le naturisme m’a libérée », confirme Audrey. Tout nu, on est tous pareils : « Il n’y a pas de jugement, plus de classes sociales. On est moins à détailler les gens. »
Pour eux, des endroits comme le Cap d’Agde « donnent une mauvaise image du naturisme, en faisant un amalgame entre le naturisme et le libertinage, alors que ça n’a rien à voir », regrette Audrey. « C’est vrai qu’il y a des libertins chez les naturistes comme il y en a chez les textiles. Nous, on n’est absolument pas libertins », assure-t-elle. Et Christian de conclure : « Je ne vois que des avantages à pratiquer le naturisme : bien souvent, ceux qui s’y opposent n’ont simplement jamais essayé. »













