À Cugnaux, au cœur de la ville, une vaste opération d’élagage a largement amputé un grand chêne protégé au plan local d’urbanisme. L’arbre, qui avait mobilisé les habitants du quartier lors d’une opération immobilière, est malade. Il est rongé par le Grand Capricorne, un insecte protégé. Seul reste encore le tronc secondaire, mais ses jours sont comptés.
Le bruit a réveillé les riverains de la place de l’Europe, le 6 août dernier à Cugnaux. Et, rapidement, l’émotion a envahi le quartier. Le grand chêne, pour qui les habitants se sont battus il y a plusieurs années, subissait les assauts des tronçonneuses. Compte tenu de l’absence totale de feuillage depuis plusieurs saisons, il ne faisait pas grand doute sur l’ampleur de la taille qui s’engageait… Le bel arbre a été amputé de son tronc principal et de ses grandes branches, laissant un vide dans le paysage. Seul le tronc secondaire et son vaste déport vers la rue Concorde ont été conservés. Pour l’instant.
Car ce chêne sessile, protégé par le plan local d’urbanisme (PLU), est malheureusement condamné. Un rapport sanitaire, datant de septembre 2025 et commandé par la mairie de Cugnaux auprès d’une société spécialisée dans l’expertise forestière, a établi un diagnostic sans appel. Cet arbre, haut de 15 mètres, composé d’un tronc principal de 90 cm de diamètre, est rongé par le Grand Capricorne, une espèce protégée. Creux et également atteint par un champignon, avec des risques de chutes de branches, ce tronc principal devait être abattu.
Abattage impossible sans autorisation municipale
Seules quelques branches sont vivantes sur le bas du second tronc qui, lui, mesure 60 cm de diamètre. Sur cette partie encore verte, le rapport note aussi des attaques du Grand Capricorne. Il préconise la conservation de ce tronc annexe dans un premier temps mais lui prédit une durée de vie réduite, estimée entre cinq et dix ans.

La coupe du 6 août a pu interroger les riverains qui s’étaient mobilisés pour la préservation de cet arbre au moment du rachat de la parcelle par le groupe Les Chalets qui y a construit un immeuble en 2022. Ils avaient obtenu le classement du chêne dans le PLU. Impossible donc de l’abattre sans autorisation préalable de la municipalité et surtout sans motif.
Projet de revégétalisation et de sculpture
« Le chêne a bien été élagué sur sa partie morte et aucune déclaration d’urbanisme n’est nécessaire dans cette situation. Au regard de cette amputation et de l’état de santé de l’arbre attesté par le rapport sanitaire de 2025, nous savons qu’il ne repartira pas et qu’il ne peut survivre », déclare Aurélien Andreu-Seigné, le nouveau maire de Cugnaux, qui assure être en discussion avec le groupe Les Chalets pour revégétaliser cet espace privé en cœur de ville. L’élu imagine aussi un projet artistique qui transformerait le tronc en sculpture pour garder une trace de ce bel arbre.













