REPORTAGE Sous un soleil de plomb, des milliers de Français déferlent, les caddies pleins à craquer. Leur objectif : dévaliser le centre commercial pour rentabiliser l’intégralité de leurs vacances. Le complexe Gran Jonquera, en Espagne, attire de nombreux Français, notamment des Toulousains, venus profiter de prix attractifs sur l’alcool, les vêtements et autres produits. Ce centre commercial de 36 500 m², prisé pour ses tarifs avantageux, permet à certains de combiner shopping et vacances, réalisant ainsi des économies significatives. On est allé à leur rencontre.
Sur l’immense parking du Gran Jonquera, les plaques d’immatriculation sont révélatrices. De loin, le rouge et le jaune de la croix occitane pullulent sur tous les étages. Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Aude, Haute-Garonne : les départements de la région se succèdent.Une famille sort de sa voiture immatriculée 31. Dounia et Linda sont venues de Toulouse. La mère et sa fille profitent de leurs vacances à Rosas, en Espagne, pour faire une étape shopping. « D’habitude, on y vient sur le chemin du retour », explique la mère. Elles n’ont pas fixé de budget strict. « Je pense que je vais surtout m’acheter des vêtements, c’est toujours moins cher qu’en France », glisse la fille. Si elles viennent jusqu’ici, c’est aussi pour chercher un peu de fraîcheur : sous les 35 °C ressentis sur le bitume, la famille s’empresse de se réfugier dans les 36 500 m² climatisés du complexe.
L’accent français dans les allées de l’immense complexe Gran Jonquera
À l’intérieur, les allées sont noires de monde et le brouhaha est sans équivoque. Ici, si l’on tend l’oreille, ce sont quasi exclusivement des mots français que l’on entend. Linda vient trois à quatre fois par an. Elle fait parfois le trajet aller-retour depuis Toulouse uniquement pour remplir ses placards. « Ici, on se fait un peu plus plaisir », confie-t-elle. Son astuce consiste à coupler les emplettes avec un séjour sur place : « Je joins l’utile à l’agréable : je passe un week-end en Espagne et, sur le retour, je fais mes courses de produits de longue conservation. » Sa technique lui permet même de profiter sur place, « Quand je vois les tarifs pratiqués en France, les économies que je réalise ici me permettent finalement de me payer mon week-end. »
Des caddies remplis d’achats à grande échelle
Dans les rayons, la démesure est au rendez-vous : paquets géants de gâteaux apéritifs, alignements de bouteilles d’alcool, jambons ibériques entiers et bidons d’huile d’olive de plusieurs litres. Aux caisses, les montants grimpent très vite, dépassant fréquemment la centaine d’euros par passage.Maya et Jules, un couple de Toulousains de 19 ans, ressort le caddie bien rempli. Ils n’avaient « pas forcément de budget, mais une liste bien précise », répartie entre les besoins personnels et les commandes de leurs proches. « Nous avons majoritairement acheté de l’alcool et des cigarettes », explique-t-elle, « en respectant les quotas, bien sûr. » Le couple en a également profité pour faire un plein de carburant avant le départ.
Des économies qui remboursent le voyage
Jules, de son côté, a dépensé 200 euros. Maya, elle, a atteint un panier entre 400 et 500 euros, incluant les achats pour sa famille. Des vêtements et du prêt-à-porter ont aussi rejoint le coffre : « C’est le moment, il faut en profiter, c’est moins cher ici. J’ai acheté une paire de chaussures car je savais très bien qu’elle m’aurait coûté plus cher en France. » Si la raison de leur voyage n’était pas la Jonquera, ils en profitent au passage pour se faire plaisir.« Comme nous sommes en vacances du côté de Port-Leucate, nous étions de passage pour aller voir l’éclipse en Espagne. Au passage, on s’arrête pour faire les stocks », il explique alors qu’ils terminent de charger leur coffre pour rejoindre la station essence afin de faire leur plein.















