Depuis samedi 22 août, plusieurs logements accompagnés par Soliha Haute-Garonne sont privés d’électricité ou de gaz. Dans un petit immeuble de cinq appartements, des occupants handicapés vivent dans le noir, sans eau chaude. Certains ont perdu leurs provisions, tandis que des équipements médicaux sont devenus inutilisables. L’organisme de 60 salariés est en liquidation judiciaire depuis juillet, on vous dans quelles conditions se déroule la fin dramatique de ce gestionnaire de centaines de logements en Haute-Garonne.
« Il n’y a pas de lumière. En descendant, j’ai failli tomber plus d’une fois dans l’escalier. » Depuis cinq jours, les habitants d’un immeuble géré par Soliha Haute-Garonne vivent sans électricité. Ce mercredi 26 août, les parties communes sont plongées dans le noir et les cinq appartements seraient concernés.
Abdallah Mouhsine a découvert la coupure à son réveil, samedi matin. Il affirme avoir appelé la direction, sans obtenir de réponse, puis s’être déplacé dans les bureaux de l’association sans y trouver personne. Faute de courant, les résidents n’ont plus d’eau chaude et ont dû jeter le contenu de leurs réfrigérateurs et congélateurs.
« C’est nous qui en payons les conséquences »
Plusieurs habitants rencontrés sont reconnus en situation de handicap. L’un d’eux, Slimane Brunac, raconte être arrivé dans cet immeuble après sept années passées dans la rue. « Ils ne font plus rien pour l’immeuble et c’est nous qui pâtissons, c’est nous qui en payons les conséquences », déplore-t-il. « Ils veulent nous remettre à la rue. »

Sans téléphone pour s’éclairer, cet occupant dit redouter chaque passage dans l’escalier. Les résidents signalent aussi des problèmes plus anciens. Slimane et ses voisins affirment avoir déjà subi, au cours de l’été, une coupure d’eau qui aurait duré presque une semaine. L’un d’eux assure ne plus avoir d’eau chaude depuis avant l’été. Une fuite aurait par ailleurs nécessité l’intervention d’un plombier payé directement par un habitant.
Ces difficultés interviennent alors que Soliha Haute-Garonne, association spécialisée dans l’accompagnement vers le logement et le maintien dans l’habitat, est en liquidation judiciaire, depuis fin juillet. Depuis samedi, les coupures toucheraient également le siège de Dorval, les deux Maisons Relais ainsi que plusieurs logements relevant des dispositifs Interlude, Tremplin et ALT.
Insuline, sonde gastrique et téléalarme
Dans un courrier transmis aux acteurs chargés de la liquidation et aux services de l’État, un responsable de l’association, qui ne souhaite pas être identifiée, alerte sur une situation dépassant désormais les seules difficultés financières : « Derrière ces coupures, il y a des personnes. »
Un SMS adressé à la direction par un professionnel, que nous avons pu consulter, rapporte les informations recueillies auprès d’infirmiers intervenant dans la Maison Relais de Pégot. Un résident alimenté par sonde gastrique ne pourrait plus utiliser son dispositif et serait contraint de se nourrir uniquement avec des compléments alimentaires.
Une résidente diabétique ne pourrait plus conserver correctement son insuline, tandis que son détecteur alimenté électriquement serait à l’arrêt. Un autre occupant serait privé de sa téléalarme. « Les résidents ont dû jeter toute leur nourriture des frigos. Nous sommes en fin de mois et certains n’ont plus assez d’argent pour se racheter à manger jusqu’au 5 », écrit le professionnel.
Plus de 60 salariés concernés
Gilbert Mollis, salarié et membre du comité social et économique (CSE), estime qu’il n’existe désormais « plus de direction » opérationnelle et que la gestion dépend du liquidateur judiciaire. « Il ne communique pas trop », regrette-t-il. Le CSE a fait appel de la décision de liquidation, dans l’espoir de laisser ouverte la possibilité d’une reprise totale ou partielle de l’activité et de certains salariés.

Selon lui, plus de 60 employés sont concernés. Une première vague de départs doit intervenir le 4 septembre.
Quant au nombre exact de personnes touchées par les coupures, il demeure inconnu. Une interruption de l’eau est également redoutée sur d’autres sites. « L’électricité, le gaz, l’eau, l’alimentation et la sécurité des personnes accompagnées ne peuvent pas être les variables d’ajustement de la fin de SOLIHA », alerte la responsable dans son courrier. Les services de l’État, dont la DDETS, ont été saisis de la situation. Le mandataire judiciaire, contacté, n’a pas souhaité réagir.














