Mohamed Zerrouki, 45 ans, comparaît à partir de ce mercredi devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Soupçonné d’avoir occupé une place centrale dans le lucratif trafic de drogue des Izards, il doit notamment répondre d’accusations liées à son patrimoine, à d’importantes sommes d’argent liquide et à des échanges sur des téléphones cryptés que l’accusation relie au narcotrafic. Cinq accusés doivent être jugés pendant six jours. La Dépêche du Midi vous fait vivre les principaux temps forts de cette première journée d’audience.
Un début d’aveux surprise de Zerrouki ?
Devant la cour d’assises spécialement composée, réunie à Toulouse, les débats reprennent ce mercredi après-midi. La cour s’intéresse à la personnalité d’Hakim Bouddejelah. Cet Algérien âgé de 36 ans est accusé d’avoir accompagné Mohammed Zerrouki dans ses mauvais coups autour des stupéfiants. Ce matin, au détour d’une question sur sa vie de famille, celui que la justice présente comme le chef du clan historique qui dirigeait le trafic aux Izards, au nord de Toulouse, s’est dit « prêt à assumer ses responsabilités ». Et il en a profité pour affirmer que la mère de ses enfants « ne savait rien, n’était au courant de rien » . Un début d’aveux surprise. Jusqu’à présent, Mohamed Zerrouki a toujours refusé de reconnaître son lien avec le narcotrafic. Il va falloir attendre les débats prévus au début de la semaine prochaine, les 6 et 7 septembre, pour savoir jusqu’à quel point cet accusé âgé de 45 ans admet son implication.
Zerrouki, « médiateur » auprès des jeunes du quartier ?
Mohamed Zerrouki aime rappeler qu’il jouait les « médiateurs » auprès des jeunes du quartier des Izards. Un rôle d’éducateur qui surprend l’avocate générale Virginie Audebert. L’enquêtrice de personnalité confirme qu’il n’a pas abordé le sujet lors de l’entretien en 2022. L’audience est suspendue. Les débats reprendront à 14 heures avec la personnalités des autres accusés.
« Je suis une personne calme », affirme Zerrouki
Le nouveau défenseur de Mohamed Zerrouki, Me Mourad Battikh, insiste « sur une détention sans aucun incident ». « Suis une personne calme », sourit Zerrouki. Son avocat remarque aussi « un casier judiciaire quasi vierge ». Juste une histoire de recel en 2003… Ces dernières années, les choses ont changé. Mohammed Zerrouki est poursuivi dans trois dossiers criminels et mis en examen dans un quatrième, pour règlement de comptes. En avril 2026, il a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle pour un meurtre en bande organisée en août 2020 aux Izards. Il a fait appel de cette condamnation et reste donc « présumé innocent’.

Zerrouki est détenu dans une prison ultrasécurisée
Détenu à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dans une prison ultrasécurisée pour narcotrafiquants depuis mai 2024, Mohamed Zerrouki évoque une détention « compliquée ». « Géographiquement je suis loin de tout. Je ne peux pas voir mes enfants, ma famille. » L’administration pénitentiaire souligne de son côté le comportement « calme et respectueux » de l’accusé.
« C’est compliqué pour elle », Zerrouki s’exprime sur sa séparation
Sur sa séparation de la mere de ses enfants, Mohamed Zerrouki dit « regretter’ mais « comprend ». « C’est compliqué pour elle. Les enfants, sa situation personnelle, moi en prison… C’est forcément compliqué. »
Mohamed Zerrouki, principal accusé, s’exprime à la barre
Mohamed Zerrouki, plutôt détendu, regrette sa situation, « les enfants me manquent… » Lui aussi a grandi aux Izards, « C’était tranquille, on s’amusait ». Il dit avoir toujours travaillé, « dans le nettoyage » après son apprentissage. Son contrat dans le nettoyage après une incarcération. « Dans un dossier lié aux stupéfiants », précise la présidente Coquizard. « J’ai gagné aux prud’hommes, 15000 euros. » Il a aussi tenu un restaurant avec un de ses amis, L’Oranais. « L’établissement n’a pas prospéré », note la présidente. À l’époque, les services estimaient surtout que c’était un lieu de rendez-vous des trafiquants de drogue de Toulouse…
La compagne de Mohamed Zerrouki témoigne à la barre
Accusée notamment de blanchiment, la compagne de Mohamed Zerrouki vient de témoigner à la barre sur sa personnalité. Cette mère de famille, née a Toulouse, a « grandi et toujours vécu aux Izards ». Séparée du père de ses enfants incarcéré depuis plus de 5 ans, cette femme admet « mal vivre » la situation. « J’ai toujours travaillé, toujours essayé de mener ma vie normalement, de bien élever mes trois enfants. J’ai honte de comparaitre devant vous aujourd’hui », détaille cette femme en réponse à son avocate Me Elena Campario.
La présidente du tribunal détaille les peines qu’encourent les accusés
La présidente Dominique Coquizard détaille les charges retenues contre les accusés et les peines encourues. Mohamed Zerrouki encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour la direction d’un groupement lié au trafic de stupéfiants et des infractions de blanchiment. Badreddine Abbou, très calme, en tee-shirt et jeans, est poursuivi pour les mêmes faits de mars 2014 à mars 2022. Lui aussi encourt la perpétuité. Il reconnaît une partie des faits. Même chose pour Hakim Bouddejelah, qui conteste ces accusations.

Trois accusés dans le box, qui sont-ils ? Et qui est la quatrième, installée au premier rang ?
Dans le box, trois accusés dont Mohamed Zerrouki, 45 ans, considéré come le boss du trafic dans le quartier des Izards. Polo noir, ce garçon poursuivi dans au moins trois dossiers criminels dont deux règlements de compte, apparaît détendu. Installés au premier rang dans le box, Hakim Bouddejelah , 36 ans, un proche de Mohamed Zerrouki, et Badreddine Abbou , 39 ans. Ce Hollandais est accusé d’être un associé du « Boss » et de lui fournir cannabis et cocaïne. Un rôle que conteste ce garçon, grand amateur de montres de luxe. Lors de son arrestation, les policiers ont découvert 130 000 euros cachés dans sa voiture , et plusieurs montres d’une valeur estimée à 45 000 euros. L’épouse de Mohamed Zerrouki, également accusée, tout de noir vêtue, reste dans la salle d’audience, seule installée au premier rang. La présidente ne lui a pas demandé de s’installer dans le box avec les trois autres accusés.

Un des cinq accusés est en fuite depuis plusieurs années
Parmi les cinq accusés, un absent en fuite depuis plusieurs années. Le garage d’Ayoub Badr, 38 ans, cet ami de Mohamed Zerrouki, servait de base aux trafiquants du quartier des Izards. Trois cents kilos de cannabis auraient notamment été livrés dans son établissement. Quand les enquêteurs ont voulu l’entendre au printemps 2021, il se trouvait au Maroc auprès d’un membre de sa famille « malade ». Il n’est jamais revenu…
Pas de jurés populaires mais des magistrats professionnels
Les débats sont présidés par Dominique Coquizard, présidente titulaire de la cour d’assises de la Haute-Garonne. A ses côtés, quatre magistrats professionnels mais pas de jurés populaires, pour une cour spécialement composée pour juger des crimes liés au trafic de stupéfiants.
L’épouse de Mohamed Zerrouki, poursuivie pour blanchiment, est présente dans la salle
L’épouse de Mohamed Zerrouki, mère de ses trois enfants et qui partage sa vie depuis 17 ans, est présente dans la salle d’audience, indique notre envoyé spécial, Jean Cohadon. Tendue, cette femme âgée de 42 ans n’a jamais été incarcérée dans cette affaire. Elle est poursuivie notamment pour « blanchiment » et encourt une lourde peine de prison . Tout au long de l’instruction, elle a nié avec force connaître l’origine des fonds dont disposait son mari. Une version contestée par l’instruction et l’accusation. Cette femme, qui a un temps travaillé pour la mairie de Toulouse, est défendue par Me Elena Campario du barreau de Paris. Elle travaille avec Me Mourad Battikh, avocat de Mohamed Zerrouki. Un défenseur connu pour intervenir régulièrement auprès de victimes dans des dossiers médiatiques, par exemple dans l’affaire Jubillar.

L’avocate générale Virginie Audebert assurera la charge de l’accusation
Virginie Audebert, avocate générale, va assurer la charge de l’accusation pendant les six jours de procès. En charge de la criminalité organisée au parquet de Toulouse, cette magistrate connait bien les dossiers liés au trafic des Izards, quartier nord de Toulouse.
La sécurité « moins marquée » que lors du procès de mars 2026
La sécurité est moins marquée que lors du procès de mars 2026, où dix hommes étaient poursuivis pour un assassinat en août 2020 aux Izards, indique notre envoyé spécial au palais de justice, Jean Cohadon. La rue des Fleurs, celle où se trouve la cour, n’est par exemple pas bloquée. Pour accéder à la salle d’audience, en revanche, la sécurité est marquée, et assurée par les policiers affectés au palais de justice avec le soutien des effectifs de la compagnie départementale d’intervention.

Cinq accusés, dont un absent
Cinq personnes sont poursuivies dans cette affaire, dont l’une est toujours en fuite. Parmi les accusés figure également l’épouse de Mohamed Zerrouki. Jamais incarcérée depuis son arrestation au printemps 2021, elle conteste avoir eu connaissance des activités que la justice prête à son mari.
Jusqu’à 18 000 euros par jour pour le trafic de cannabis
Selon les éléments de l’instruction, le seul trafic de cannabis dans ce secteur aurait pu générer entre 12 000 et 18 000 euros de revenus quotidiens. Les enquêteurs se sont notamment demandé si une partie de cet argent avait permis de financer le train de vie et le patrimoine attribués à Mohamed Zerrouki et à son entourage.
Pourquoi Mohamed Zerrouki est-il jugé ?
L’enquête débute en janvier 2020 sur le terrain financier. Les policiers s’intéressent au patrimoine et au train de vie de Mohamed Zerrouki, qu’ils soupçonnent depuis longtemps d’occuper une place centrale dans le trafic de stupéfiants du nord de Toulouse. Les investigations vont notamment porter sur d’importantes sommes en liquide, des investissements immobiliers et, plus tard, des conversations issues de téléphones cryptés.
Bonjour et bienvenue dans ce direct
Suivez avec nous, aujourd’hui, l’ouverture du procès de Mohamed Zerrouki et de ses coaccusés devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Les débats doivent durer six jours. Nos journalistes présents au palais de justice de Toulouse vous feront vivre les principaux temps forts de l’audience.













