C’est l’un des chantiers les plus structurants du nord-est toulousain. Pour alimenter le futur Technocentre de Toulouse Métropole, Enedis engage environ un million d’euros dans la création d’un réseau souterrain de plus de 3 kilomètres, réparti en huit phases de travaux étalées jusqu’en 2027. Un raccordement d’envergure, dont la complexité technique dépasse largement ce que laisse supposer la discrétion du chantier.
Un équipement métropolitain de grande ampleur
Il est difficile de manquer la silhouette qui se construit au-dessus du périphérique lorsqu’on se dirige vers Balma-Gramont. La tour de bureaux de neuf étages du Technocentre avance chaque semaine un peu plus, calée sur un terrain de six hectares avenue d’Atlanta, dans le quartier des Argoulets. Le programme prévoit la réalisation de trois tours de bureaux, d’un technocentre et de plusieurs espaces collectifs, pour accueillir à terme près de 1 200 agents issus de dix directions de Toulouse Métropole et de la Ville de Toulouse.
Ce regroupement mettra fin à des années d’une dispersion coûteuse. Les équipes de l’éclairage public attendaient depuis 2021 dans des locaux provisoires loués à Montaudran, leurs anciens locaux ayant été libérés dans le cadre des emprises de la troisième ligne de métro. Sur le plan environnemental, le site vise un bâtiment à énergie positive, équipé de panneaux photovoltaïques, d’espaces végétalisés et de systèmes de pilotage fin des consommations énergétiques. L’investissement global du projet est annoncé à 102 millions d’euros, pour une livraison attendue à la mi-2027.
3 268 mètres de câbles souterrains et un tracé sous haute contrainte
Pour alimenter un tel équipement, Enedis doit tirer 3 268 mètres de câbles souterrains depuis le poste source de Gramont jusqu’au poste de livraison du site, afin de délivrer une puissance de soutirage de 7 000 kW, soit 7 MW. Les travaux, organisés en huit phases successives, ont débuté en 2025 et s’étaleront jusqu’en 2027, en cohérence avec le calendrier de construction de l’ensemble immobilier.
Le tracé retenu impose des interventions dans plusieurs secteurs particulièrement contraints. Le réseau doit notamment franchir le pont de l’Hers et le pont de l’A61, traverser une zone commerciale à fort trafic et longer la M112, un axe susceptible de servir d’itinéraire de substitution lors de fermetures de l’A68. Au total, 53 % du linéaire se situe sous chaussée lourde, ce qui nécessite des moyens de terrassement adaptés et une coordination serrée avec les différents gestionnaires d’infrastructures.
Une tranchée mutualisée pour limiter l’impact du chantier
Pour réduire les nuisances et les émissions liées aux travaux, Enedis a retenu une logique de mutualisation. Une partie du chantier électrique est conduite en tranchée commune avec les travaux du réseau de télécommunications de Toulouse Métropole, les deux opérations étant confiées à la même entreprise, MIDI-TP. Selon Enedis, cette organisation doit permettre de réduire d’environ 30 % les émissions de CO₂ générées par le chantier, en limitant les terrassements, les volumes de déblais et la durée des interventions sur la voie publique.
Sur une autre portion du tracé, les travaux ont été coordonnés avec le raccordement de la chaufferie centrale destinée à la future ZAC Matabiau, là encore dans une tranchée partagée. Des engins électriques ou fonctionnant au biogaz sont mobilisés sur le chantier, et une partie des matériaux de fraisât issus du rabotage de chaussée est réemployée, tout comme des matériaux recyclés pour le remblai de tranchée. Une part importante des interventions a d’ailleurs été programmée de nuit durant le mois d’août, pour préserver la circulation et améliorer les conditions de travail des techniciens en période de forte chaleur.
Le nord-est de Toulouse n’a pas fini de se transformer. Entre le chantier de la ligne C du métro, la densification programmée autour de Balma-Gramont et la mise en service du Technocentre à la mi-2027, les Toulousains verront bientôt regroupés en un seul point les acteurs qui font fonctionner leur ville au quotidien, de la collecte des déchets à l’entretien de la voirie, en passant par l’éclairage public.















